Tous les députés de la commission de l'environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire du Parlement européen ont salué comme un bon point de départ, jeudi 14 janvier, le projet de rapport d'initiative de César Luena (S&D, espagnol) qui soutient pleinement, tout en la renforçant, la stratégie de l'UE pour la biodiversité à l'horizon 2030 et ses objectifs juridiquement contraignants.
Face à la sixième extinction de masse des espèces, tous s'accordent à reconnaître que la protection et la restauration d'au moins 30% des zones terrestres et marines sont une nécessité absolue, avec une obligation de résultat. Cela exige, selon eux, une synergie de toutes les politiques de l'UE et un rôle de chef de file à la COP15 en Chine.
« La stratégie nous semble bonne. La science nous a montré la dégradation alarmante de la biodiversité. Nous devons restaurer notre lien avec la nature. Je propose d'améliorer la stratégie », a déclaré M. Luena.
À cette fin, son rapport demande notamment : - une proposition législative sur la protection des sols ; - un cadre de gouvernance pour la biodiversité comparable à celui pour le climat ; - un plan d'action pour la pollution zéro qui tienne compte de la biodiversité ; - un réseau européen d'infrastructures vertes ; - une proposition législative pour des océans exempts de plastique ; - et une proposition sur le devoir de diligence dans la chaîne d'approvisionnement.
César Luena est aussi partisan d'un droit à un environnement sain, qu'il conviendrait d'inscrire dans la Charte des droits fondamentaux, et d'un programme Erasmus vert.
Il demande en outre un soutien financier aux agriculteurs et aux éleveurs pour les aider dans les efforts requis de leur part.
Le PPE a souligné l'importance de mettre en œuvre les mesures qui ont les meilleures chances d'avenir, d'attendre toutes les évaluations d'impact et de garantir la sécurité de l'approvisionnement.
Le groupe CRE estime qu'il faut affiner les objectifs, notamment celui de 25% de terres agricoles sous gestion biologique, afin d'éviter d'avoir à importer des denrées alimentaires de moins bonne qualité que celles de l'UE.
Le groupe Renew Europe, pour sa part, a insisté sur l'importance que revêtent les investissements dans l'environnement et la nature, la transparence des financements, les solutions fondées sur la nature et le multilatéralisme.
Pour le groupe ID, il est essentiel de fournir aux agriculteurs des solutions alternatives efficaces aux engrais et de s'appuyer sur les autorités locales.
De l'avis des Verts/ALE, toutes les politiques et tous les programmes de l'UE doivent suivre cette stratégie, mais ils se demandent si tel sera le cas.
La GUE/NGL a insisté pour que l'UE cesse de détruire la biodiversité avec des accords commerciaux.
Saskia Bricmont (Verts/ALE, belge), de la commission INTA, est rapporteur pour avis.
La représentante de la Commission européenne a dit avoir bien entendu les appels à la synergie et à la cohérence des politiques. Elle a indiqué que la première proposition concernerait le cadre de gouvernance.
La date butoir pour le dépôt des amendements est le 22 janvier. (Aminata Niang)