Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a dénoncé, dimanche 15 novembre, la visite, plus tôt dans la journée, du président turc, Recep Tayyip Erdoğan, à Varosha, où il a appelé à une « solution sur la base de deux États séparés » pour l’île chypriote, ajoutant qu’il y avait « deux peuples et deux États séparés à Chypre ».
« Nous déplorons les actions (du 15 novembre) concernant l'ouverture de la zone clôturée de Varosha et les déclarations contraires aux principes des Nations unies pour un règlement de la question chypriote », a souligné le Haut Représentant dans un communiqué. Selon lui, ces actes provoqueront une plus grande méfiance et des tensions dans la région, devraient être annulés « de toute urgence » et surviennent à un moment où les tentatives de créer un espace de dialogue sont en cours (EUROPE 12595/25).
« La reprise rapide des négociations sous les auspices de l'ONU pour un règlement global et une réunification est nécessaire sur la base des progrès réalisés jusqu'à présent », a souligné M. Borrell. Il a ajouté qu’il était impératif que la Turquie apporte une contribution concrète et entreprenne des actions responsables en vue de créer un environnement propice aux négociations.
Le Haut Représentant a rappelé que l’UE était pleinement engagée en faveur d'un règlement global du problème chypriote et d'une réunification fondée sur une fédération bizonale et bicommunautaire, dans l'égalité politique, dans le cadre des Nations unies et conformément aux principes sur lesquels l'UE est fondée. Il a également réaffirmé l'importance du statut de Varosha, prévenant qu' « aucune action ne devrait être entreprise si elle n'est pas conforme aux résolutions » du Conseil de sécurité de l'ONU (UNSC).
« Le message de l'UE est très clair : il n'y a pas d'alternative à un règlement global du problème chypriote autre que sur la base des résolutions pertinentes de l'UNSC », a insisté M. Borrell. (Camille-Cerise Gessant)