Les ministres européens chargés des Affaires sociales et de l’Emploi seraient tombés unanimement d’accord sur l’importance de former les travailleurs et de remettre à jour leurs compétences professionnelles en cas de restructuration, lors d’un échange informel par visioconférence, mardi 13 octobre.
Les ministres seraient unanimes quant à l’importance de la consolidation et l'acquisition de nouvelles compétences (notamment linguistiques et numériques) par le biais aussi de formations au sein des entreprises mêmes en cas de restructuration, un phénomène qui a pris de l'ampleur avec la pandémie. Ils auraient en outre insisté sur la nécessité d’identifier les secteurs en manque de main-d’œuvre pour contrebalancer les phénomènes de restructuration et de destruction de l'emploi.
Le rôle clé joué par le Fonds social européen plus (FSE+) et le Fonds européen d’ajustement à la mondialisation (FEM) a été unanimement reconnu, ainsi que le rôle clé de l'instrument SURE, comme l'a confirmé à EUROPE le ministre fédéral allemand du Travail et des Affaires sociales, Hubertus Heil, lors d'un point presse.
M. Heil a indiqué que la question d’une extension du budget de SURE (les 100 milliards d'euros prévus sont quasiment épuisés - EUROPE 12576/32), si la pandémie devait perdurer, n’a pas été abordée durant la réunion. Ici, le commissaire à l’Emploi et aux Droits sociaux, Nicolas Schmit, n’a pas exclu pour autant une telle prolongation. « Pour la suite, il faut voir comment la situation sur les marchés de l’emploi évolue. Il ne faut rien exclure, mais ça n’a pas été évoqué à ce stade », a-t-il déclaré.
Plusieurs délégations, notamment des pays du Nord, ont insisté sur le rôle du dialogue social. Sur la question du manque d’information des travailleurs à l'occasion de restructurations, les délégations sont tombées d’accord sur la nécessité d'une meilleure mise en œuvre des règles européennes, notamment de la directive 2002/14 relative à la consultation des travailleurs, comme l’a souligné le commissaire.
À cet égard, le ministre Heil a insisté sur la nécessité d’avoir des règles claires qui soient surtout respectées et mises en œuvre. Pour ce faire, il a rappelé, en conférence de presse, l’importance du rôle de la nouvelle Autorité européenne du travail.
Faisant référence aux scandales qui ont émaillé l’actualité allemande sur les conditions de travail des travailleurs saisonniers et temporaires dans les abattoirs allemands, M. Heil a indiqué que le problème était européen. « Il ne doit pas y avoir de travailleurs de seconde classe en Europe », a-t-il insisté. À ce propos, il a souligné la responsabilité des entreprises, notamment dans les chaînes de sous-traitance.
La lutte contre la pauvreté s’est également invitée durant la réunion. Le ministre allemand a ainsi répété ses attentes face à l’initiative de la Commission européenne pour fixer un salaire minimum, qui devrait être présentée fin octobre (EUROPE 12561/2). M. Schmit a confirmé à EUROPE que la présentation de l’initiative ne sera pas repoussée, malgré certaines rumeurs d’un report en décembre. (Pascal Hansens)