« Au Haut-Karabakh, deux principes s'opposent : celui de l'intégrité territoriale et celui du droit à l'autodétermination" », a posé d'emblée le libéral danois Michael Aastrup Jensen lors d'un débat d'actualité sur le conflit entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan organisé lundi par l'assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE).
Un conflit ancien, a rappelé l'initiateur du débat, mais un conflit que les deux parties s'étaient engagées à résoudre pacifiquement en 2001, lors de leur adhésion simultanée à l'organisation strasbourgeoise.
Un retour à la table des négociations a été réclamé par tous les groupes politiques, qui ont salué la médiation russe, mais condamné la Turquie qui « incite l'Azerbaïdjan à persévérer dans l'action militaire ».
Si la gestion politique de la crise est du ressort de l'ONU et de l'OCDE (groupe de Minsk), l'APCE veut jouer son rôle dans la défense des droits fondamentaux et a rappelé les engagements pris par tous les États membres au titre de la Convention européenne des droits de l'homme (droit à la vie, interdiction de la torture) ainsi que leurs obligations en matière de protection du patrimoine ou bien encore de liberté d'information et d'expression.
« Il faut créer un environnement propice à la paix », a par ailleurs souligné M. Jensen et, pour ce faire, « l'Arménie et l'Azerbaïdjan ne doivent ni favoriser les discours de haine sur Internet ni inciter la diaspora à s'en mêler ».
S'exprimant au nom de la Gauche unitaire Européenne, le Néerlandais Tiny Kox, quant à lui, a invité l'APCE à mobiliser toutes ses capacités et tous ses réseaux pour renforcer les outils à sa disposition. Il espère aussi l'envoi de membres de l'assemblée à Bakou et Erevan. (Véronique Leblanc)