Publié en avril dernier en pleine pandémie, le rapport d'activités 2019 de Dunja Mijatović, commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, n'avait pas pu être débattu devant l'Assemblée parlementaire (APCE). Il l'a été, mardi 13 octobre, lors de la réunion virtuelle élargie de la Commission permanente, organisée en lieu et place de la plénière d'automne, qui n'a toujours pas pu se tenir en présentiel.
Interrogée en visioconférence, la commissaire a préféré fonder son entrée en matière sur 2020, « une année où les défis, déjà croissants en 2019, ont été rendus encore plus urgents à cause de la pandémie de Covid-19 et des mesures prises pour y faire face ».
« Cette crise a mis à l'épreuve le fonctionnement de nos démocraties » en ayant « un impact disproportionné » sur les personnes âgées, les handicapés, les pauvres, les détenus, les migrants et les demandeurs d'asile, a considéré Mme Mijatović. Autant de populations vulnérables plongées, selon elle, dans une précarité accrue, souvent « à cause d'échecs structurels et de défaillances antérieures ».
« La gestion de la pandémie a aussi braqué les projecteurs sur les violences faites aux femmes, y compris en matière de santé reproductive et sexuelle », a souligné Dunja Mijatović, qui s'inquiète de la fronde menée contre la Convention d'Istanbul par certains États alors que d'autres [Pologne et Turquie] menacent de la dénoncer, ce qui serait « un terrible recul ».
« La pandémie a accéléré des problèmes que nous ne voulions pas traiter. Aucun pays ne pourra les résoudre seul. Nous aurons besoin de multilatéralisme », a conclu la commissaire en insistant sur le rôle des médiateurs et sur celui des membres de l'APCE, tous parlementaires nationaux informés des normes promues par le Conseil de l'Europe.
Voir le rapport : https://bit.ly/34WYdmK (Véronique Leblanc)