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Bulletin Quotidien Europe N° 12572
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POLITIQUES SECTORIELLES / Recherche

Les eurodéputés regrettent la « capitulation » des ministres « face au manque d’ambition » des dirigeants européens sur Horizon Europe

La satisfaction et le soulagement exprimés mardi par les représentants du Conseil de l'UE et de la Commission européenne, après l’obtention d’un accord politique de principe sur le nouveau programme-cadre Horizon Europe (EUROPE 12570/1), ont laissé place, mercredi 30 septembre, à la déception et à l’insatisfaction du côté du PE.

Aux yeux des eurodéputés Dan Nica (S&D, roumain) et Christian Ehler (PPE, allemand) – rapporteurs respectivement sur le règlement établissant Horizon Europe et sur la décision du Conseil relative au programme spécifique mettant en œuvre Horizon Europe – cet accord demeure trop peu ambitieux.

Tous deux reprochent principalement aux ministres de s’être accommodés d’un budget trop faible pour la recherche et l’innovation (R&I) : celui acté par les dirigeants européens en juillet dernier (EUROPE 12533/12).

Ce budget s'élève à 80,9 milliards d’euros en prix 2018, loin derrière les 94 milliards initialement suggérés par la Commission européenne et les 120 milliards inlassablement réclamés par le Parlement (EUROPE 12566/11) et les associations (EUROPE 12331/13).

« Une fois de plus, les ministres de la Recherche capitulent sans résistance face au manque d'ambition désastreux des chefs d'État en matière de recherche et d'innovation », a regretté Christian Ehler.

« Ce que le Conseil propose signifie 22 500 chercheurs de moins, la perte de 400 brevets représentant 110 inventions, la perte de 5 500 activations d'essais et 220 essais cliniques », a pour sa part détaillé M. Nica, dénonçant des chiffres « décevants ».

Secteur d'avenir

Les deux députés ont souligné l’importance que revêtent pourtant la recherche et l’innovation (R&I) à l’heure où l’UE a notamment pour priorité la mise au point d’un vaccin contre la Covid-19 et l’amélioration des systèmes de santé, la relance économique, la décarbonation de son industrie ou encore l’affirmation de sa souveraineté numérique. Les ministres ont « soutenu la décision de ne pas investir dans l'avenir », a résumé Dan Nica.

« Nous comptons sur la R&I pour devenir résistants aux crises futures et pour relever des défis tels que le cancer et la résistance aux antimicrobiens, mais aussi pour nous adapter à notre mondialisation, lutter contre le changement climatique et préparer un avenir meilleur et plus vert pour les générations futures », a résumé pour sa part le président de la commission de l'industrie, de la recherche et de l'énergie (ITRE) du Parlement européen, Cristian Bușoi (PPE, roumain), appelant également à un budget plus ambitieux.

L’UE dépense en moyenne 2% de son PIB pour la R&I ; la Chine et les États-Unis au moins 3%, a par ailleurs rappelé M. Ehler. Le texte sur la table actuellement ne ferait que « cimenter le retard de l'Europe vis-à-vis de ses concurrents », estime-t-il.

Compte tenu des « conséquences désastreuses » que cela aurait sur l’innovation et la croissance, il a assuré que le Parlement n’était pas prêt à faire des compromis. (Agathe Cherki)

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