La Présidence allemande du Conseil de l’Union européenne a exprimé sa détermination à trouver un accord entre les États membres pour une réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) d’au moins 55% d’ici 2030, tel que récemment proposé par la Commission européenne (EUROPE 12561/5), jeudi 1er octobre, à l’issue d’une réunion informelle entre les 27 ministres de l’Environnement des États membres de l’UE.
« Mon objectif est très clair : je veux que nous adoptions la proposition de la Commission européenne visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 55% d’ici 2030 par rapport à 1990 », a ainsi déclaré la ministre allemande de l’Environnement et présidente de la réunion, Svenja Schulze, lors de la conférence de presse de clôture de la réunion.
Reconnaissant que des États membres avaient exprimé des inquiétudes quant à la mise en œuvre d’un tel objectif et à ses impacts socioéconomiques, Mme Schulze a estimé qu’il lui revient désormais de rassembler les pays de l’UE autour d’un accord en élaborant une proposition sur laquelle tout le monde puisse s’entendre.
Elle a ensuite botté en touche lorsqu’un journaliste l’a interrogée sur le nombre de pays qui soutiennent la proposition de la Commission.
« Ces deux jours ont surtout servi à décrire quels sont les différents défis dans les pays […] et ce que nous devons faire, car tous les États membres ne partent pas du même point de départ », a-t-elle ainsi répondu, tout en soulignant que ces différences représentent le « défi majeur ». Elle en outre salué l’étude d’impact d’une réduction de 55% d’ici 2030 récemment publiée par la Commission (EUROPE 12562/1).
Selon des informations recueillies par EUROPE, il existerait actuellement une majorité qualifiée au sein du Conseil en faveur de la proposition de la Commission.
Outre l’Autriche, le Danemark, la Finlande, la France, l’Italie, la Lettonie, le Luxembourg, les Pays-Bas, le Portugal, la Slovénie, l’Espagne, la Suède, et l’Allemagne (EUROPE 12440/1), la Grèce soutiendrait également ce nouvel objectif.
Plusieurs États membres d’Europe centrale, menés par la Pologne et la République tchèque, avaient, en revanche, vivement critiqué la proposition de l’institution (EUROPE 12567/24, 12563/18).
Concernant le calendrier, Mme Schulze a réaffirmé sa volonté d’arriver à un accord avant la fin de l’année, tout en se disant optimiste. Elle n’a néanmoins pas été en mesure de préciser si ce serait plutôt en octobre ou en décembre, ne sachant notamment pas si les chefs d’États ou de gouvernement européens souhaiteront avoir le dernier mot sur la question.
Cette réunion a également été l’occasion pour les ministres de discuter de la manière de rehausser l’ambition de l’UE en matière de biodiversité (voir autre nouvelle). (Damien Genicot)