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Bulletin Quotidien Europe N° 12572
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POLITIQUES SECTORIELLES / BiodiversitÉ

Pesticides et abeilles, la Commission et l'EFSA accusées de faire le jeu de l'industrie en commission de l'environnement du PE

Les options proposées par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) pour la révision de son document d’orientation de 2013 sur l’évaluation des risques des pesticides pour les abeilles – et en particulier l’option 2 qui a le soutien d’une majorité d’États membres - sont inacceptables, ont prévenu les députés de la commission de l’environnement du Parlement européen, jeudi 1er octobre.

Les représentants de la Commission européenne et de l’EFSA ont été accusés de faire le jeu de l’industrie des pesticides et de torpiller la protection actuelle des abeilles, lors d’un débat demandé par le groupe des Verts/ALE, en amont d'une décision des experts des États membres attendue le 23 octobre (EUROPE 12571/10)..

L'option 2 proposée pour les abeilles mellifères et les bourdons repose sur un pourcentage de variabilité naturelle des colonies d'abeilles et un modèle mathématique conçu par Syngenta - le modèle Beehave - pour définir le niveau acceptable d'augmentation de la mortalité des abeilles due aux pesticides, qui pourrait être établi à 20%.

« Quelle est la validité scientifique de ce modèle ? Allez-vous garantir que soit maintenu l'objectif actuel de 7% comme étant le niveau de perte négligeable ? Et quel modèle préférez-vous ? », a demandé Bas Eickhout, en rappelant que l'option 3 était la plus proche du document initial de l'EFSA.

Manuela Tiramani, qui dirige l'unité 'Pesticides' de l'EFSA, a reconnu que l'approche 2 a une validité scientifique limitée, puisque l'utilisation de Beehave n'a pas été validée. « Mais ce n'est pas vrai que nous sommes favorables à l'industrie. Des éléments de l'approche 3 seront repris ».

Le chef d'unité 'Pesticides' de la Commission, Klaus Berend, a assuré qu'en aucun cas le chiffre de 20% correspondrait à la mortalité par les seuls pesticides et que la Commission pousserait pour l'option 2.

« La Commission demeure neutre. Nous sommes ouverts à discuter avec les États membres ; ils pensent que l'approche 2 est acceptable pour les abeilles et les bourdons. Un certain nombre propose l'option 3 pour les abeilles solitaires », a-t-il affirmé. Et d'insister sur la nécessité d'avoir une approche qui soit mise en œuvre par les États, puisque ce qui a été proposé en 2017 et 2019 ne l'a pas été.

« La plupart des options s’éloignent furieusement de l’objectif premier, à savoir inverser le déclin des pollinisateurs. Les approches consistant à regarder la seule survie des colonies à long terme ou à définir, avec ces fameux modèles mathématiques, l’utilité d’une ruche ou sa variabilité supposée naturelle ne répondent pas à nos préoccupations et ne sont pas fondées sur la science », a déclaré Frédérique Ries (Renew Europe). Pour Eleonora Evi (non inscrite), il est « absurde de parler de pourcentage de mortalité tolérable chez les abeilles ». C'est acceptable pour les États membres afin que les fabricants de pesticides continuent à vendre leurs substances toxiques, a jugé Anja Hazekamp (GUE/NGL).

 Plusieurs députés ont rappelé qu'ils étaient 533 l'an dernier à avoir dit qu'ils n'accepteraient rien de moins que la protection de tous les pollinisateurs.

Le président de la commission, Pascal Canfin, a rappelé qu'en octobre 2019, le PE avait objecté à un projet de règlement ne reprenant que partiellement le guide de l'EFSA. « Si vous revenez avec une proposition équivalente ou pire, elle sera rejetée. Prenez le bon départ. C’est aussi entre les mains des États membres », a-t-il prévenu. 

Le même jour, l'ONG PAN Europe (Pesticide Action Network), a écrit à la Commission européenne pour faire part de ses préoccupations les plus vives.

« Contrairement à l'allégation de l'EFSA et de la DG SANTE, aucune preuve n'est présentée pour démontrer que cette approche a un quelconque rapport avec la science », écrit Hans Muilerman dans une lettre adressée à la commissaire Stella Kyriakides.

« Nous vous demandons instamment d'arrêter ce processus et de commencer par impliquer des experts indépendants et le public. Et évaluez d'abord de manière indépendante le niveau de protection qui résulte des différentes options ». (Aminata Niang)

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