Réunis en Conseil informel à Berlin, les ministres européens de l'Environnement des États membres de l'Union européenne ont discuté des enseignements tirés à ce stade de l'épidémie de Covid-19 et des moyens de prévenir de futures pandémies par des politiques ambitieuses de conservation de la nature (EUROPE 12571/11).
Ils ont également échangé sur la stratégie de l'UE pour la biodiversité à l'horizon 2030, estimant, à l'instar de la ministre allemande Svenja Schulze, qui a présidé l'échange, que l'UE doit montrer l'exemple à l'échelle mondiale en vue de la COP15 de Kunming (Chine) en mai 2021.
« Nous avons examiné comment atténuer le risque de futures pandémies par une politique de protection des zones naturelles de valeur », a déclaré Svenja Schulze à la presse, jeudi 1er octobre, insistant sur le fait que de nombreuses interventions humaines, comme la destruction des forêts humides, par exemple, sont des vecteurs de l'émergence de maladies infectieuses (EUROPE 12561/23).
Cette réunion ministérielle coïncidait avec le sommet onusien sur la biodiversité organisé pour l'accélération de l'action et le rehaussement de l'ambition mondiale afin de protéger et rétablir la biodiversité en vue d'un développement durable d'ici 2030.
Elle s'est réjouie que 150 chefs d'État, de gouvernement et ministres aient adressé à cette occasion « un message clair pour stopper la perte de la biodiversité mondiale ».
Pendant ce sommet, 74 parties ont avalisé l'engagement des dirigeants pour la nature, dont l'UE et ses 27 États membres (EUROPE 12569/11).
« Une chose est claire : on ne peut accepter une autre décennie de destruction de la nature. Cela a été clairement dit par le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, hier », a souligné la présidente du Conseil 'Environnement'.
L'échange ministériel informel avait vocation à préparer les décisions du Conseil.
Des conclusions devraient être adoptées sur la biodiversité et la nécessité d'une action urgente lors du Conseil 'Environnement' du 23 octobre.
Le commissaire européen à l'Environnement, Virginijus Sinkevičius, s'est félicité de l'accent mis par la Présidence allemande sur « l'un des plus grands défis » actuels et de la détermination d'agir tant en Europe qu'à l'extérieur des frontières de l'Union européenne.
Il a salué le consensus qui s'est dégagé pour inverser le cours de choses, en insistant sur le caractère vital de la nature et la valeur des services écosystémiques qu'elle livre « « pour la nourriture, l'économie, la santé et la capacité à atténuer le changement climatique » (mitigation).
« Si nous accélérons notre action, nous pouvons faire la différence », a-t-il déclaré. Selon lui, c'est ce que vise la stratégie de l'UE pour la biodiversité à l'horizon 2030 en protégeant au moins 30% des zones terrestres et marines (EUROPE 12491/2). Un objectif plus ambitieux que l'objectif onusien pour la COP15.
Interrogé par EUROPE sur la contradiction entre l'engagement résolu affiché par l'UE pour protéger la biodiversité et la tentative en cours d'une majorité d'États membres d'abaisser le niveau de protection des abeilles (voir autre nouvelle), le commissaire Sinkevičius a refusé d'y voir de l'hypocrisie.
Soulignant que la stratégie 'de la ferme à la table' et celle pour la biodiversité « s'attaquent à la question », il a affirmé que « la Commission va agir pour assurer la protection des pollinisateurs. La question sera abordée dans la stratégie pour les produits chimiques durables et le plan d'action zéro pollution ». Et d'ajouter : « je n'ai pas entendu de doutes des États membres quant à la nécessité de combler les lacunes législatives (legislation gap). La Commission fera son travail ». Svenja Schulze, pour sa part, a dit soutenir les propos du commissaire.
Au sommet onusien, s'exprimant au nom de l'UE, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait déclaré la veille : « il faut agir maintenant et faire revenir la nature dans nos vies. C'est le moment pour les dirigeants mondiaux de travailler sur de nouveaux objectifs mondiaux ambitieux en matière de biodiversité. L'UE est prête à montrer la voie avec son Green Deal ». (Aminata Niang)