Les attentes étaient grandes en termes d'engagements pour la protection de la biodiversité et le sentiment d'urgence était perceptible à l'ouverture de la réunion informelle du Conseil 'Environnement', mercredi 30 septembre à Berlin, pour s'attaquer résolument à la crise de la disparition d'espèces et d'habitats précieux tant dans l'Union européenne que dans le monde. Cela, en tirant les enseignements de la pandémie de Covid-19.
« La science mondiale nous a appris que l'humanité augmente elle-même le risque de futures pandémies en détruisant la nature. Inversement, une bonne politique de conservation de la nature est une précaution sanitaire importante. Il est important pour moi que l'UE donne le bon exemple en matière de protection de la biodiversité et que cette question reçoive beaucoup plus d'attention dans le monde entier », a déclaré la ministre allemande à l'Environnement, Svenja Schulze, à l'ouverture de cette réunion qui coïncide avec le sommet onusien sur la biodiversité (EUROPE 12570/8).
Le commissaire à l'Environnement, Virginijus Sinkevičius, a estimé que la stratégie « très ambitieuse et pourtant réalisable » dont s'est dotée l'UE pour la biodiversité à l'horizon 2030 était « très importante pour maintenir le niveau d'ambition et l'élan politique pour la mise en œuvre dans le monde ».
La ministre verte luxembourgeoise Carole Dieschbourg a, quant à elle, évoqué « une chance unique de stopper la perte de biodiversité et de parvenir à un accord ambitieux l'an prochain à la COP15 », avec des objectifs clairs et des mécanismes de suivi.
Svenja Schulze et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, participeront par visioconférence au sommet onusien convoqué mercredi soir. Objectif : accélérer l'action et relever l'ambition pour l'élaboration du cadre mondial post-2020 qui doit être adopté en mai 2021 à la 15e Conférence des parties à la Convention sur la diversité biologique (COP15, Kunming, Chine).
Ce cadre et sa mise en œuvre effective doivent mettre la nature sur la voie de la récupération d'ici 2030 pour répondre aux objectifs onusiens de développement durable.
L'UE a déjà signalé son soutien au relèvement de l'ambition mondiale en se ralliant, le 28 septembre, à l'engagement politique des dirigeants du monde en faveur de la nature (EUROPE 12557/4). (Aminata Niang)