Les ambassadeurs des États membres auprès de l'Union européenne (Coreper) ont discuté, mercredi 10 juin, des besoins en investissement et des critères d'allocation des fonds européens identifiés dans le Plan de relance pour l'Europe, qui complète la proposition révisée de cadre financier pluriannuel (CFP) 2021-2027 (EUROPE 12502/22).
Plusieurs États membres - Belgique, Irlande, Luxembourg, Malte, Chypre - ont dit ne pas se reconnaître dans l'analyse de la Commission européenne sur les besoins en investissement et/ou les critères d'allocation des fonds européens. Ils estiment faire les frais de l'aide additionnelle destinée à faire repartir l'économie paralysée par la pandémie de Covid-19. La Belgique et l'Irlande ont aussi mentionné l'hypothèse d'un Brexit sans accord, fin 2020, qui creuserait la récession.
De nombreux États membres sont d'avis que les critères d'allocation, comme la chute du PIB et l'augmentation du chômage, devraient être plus dynamiques pour mieux quantifier l'impact de la crise résultant spécifiquement du coronavirus et flécher l'aide vers les territoires et les secteurs les plus touchés.
L'Espagne, la Grèce et l'Italie ont aussi insisté sur l'importance de la rallonge budgétaire ReactEU (environ 50 milliards d'euros) allouée à la politique de cohésion. Potentiellement mobilisable dès septembre 2020, cette rallonge peut être rapidement disponible alors que l'instrument Recovery and Resilience Facility, pilier majeur du plan de relance (310 milliards de subventions et 250 milliards de prêts), sera plus long à se mettre en place.
Le lien entre le plan de relance et les priorités stratégiques de l'UE (Pacte vert européen, transition numérique) est accueilli favorablement. Les Pays-Bas préconisent même d'augmenter l'objectif de consacrer 25% du CFP post-2020 à la transition climatique. La Hongrie et la Pologne prônent la flexibilité en la matière.
Ces discussions, qui auront duré cinq heures, se poursuivront vendredi 12 juin. Le Coreper se penchera sur l'instrument de soutien à la solvabilité des entreprises et le programme InvestEU. Il abordera aussi la proposition révisée du noyau du CFP de 1 100 milliards d'euros (EUROPE 12494/1).
La Présidence croate du Conseil de l'UE pourrait préparer un document de synthèse en vue du Conseil 'Affaires générales' de mardi. (Mathieu Bion)