Les ministres chargés des questions liées au Marché intérieur et à l’Industrie seront invités par la Présidence croate du Conseil de l’UE à échanger sur les priorités politiques en lien avec le Plan de relance pour à la fois répondre aux conséquences de la crise de la Covid-19 et préparer la croissance sur le long terme, vendredi 12 juin, lors d’une réunion informelle par visioconférence.
Une déclaration ministérielle commune sera adoptée à cette occasion, dans laquelle l’autonomie stratégique européenne est articulée clairement avec la nécessité de garder l’économie européenne.
Dans sa note, vue par EUROPE, la Présidence prévoit une chute du PIB européen de 8,7% pour 2020, avec un rebond à 5,2% pour 2021 et 3,3% en 2022. La Présidence y isole, pour alimenter les discussions, les thèmes de la transition numérique et verte ainsi que la nécessité de renforcer les chaînes de valeur « stratégiques » de l’Union européenne, en abordant notamment la question des projets importants d'intérêt européen commun (IPCEI) ainsi que la question des écosystèmes.
À cette occasion, les ministres reprendront à leur compte une déclaration commune dans laquelle ils saluent le plan de relance européen tout en soulignant l’importance de garantir l’autonomie stratégique de l’Union européenne ainsi que les principes d’une économie « ouverte ».
La version provisoire de la déclaration commune, vue par EUROPE, aurait fait l’objet de discussions entre les délégations nationales durant la réunion du comité des représentants permanents, mercredi 10 juin, notamment sur la question de l’articulation entre autonomie stratégique et ouverture de l’économie.
Plusieurs États membres (notamment la France, l’Italie ou la Roumanie) auraient voulu biffer la mention « ouverte » (open) à côté de la notion « d’autonomie stratégique », la notion d’ouverture étant déjà exprimée avec « l’économie ouverte ». Mais d'autres, comme la Finlande, l’Irlande, la République tchèque ou les Pays-Bas, auraient insisté sur la nécessité de garder cette autonomie « ouverte ».
La Présidence croate du Conseil aurait suggéré une nouvelle formulation en se fondant sur une proposition néerlandaise qui souligne à la fois l’importance du principe d’une économie ouverte, en insistant sur le fait que le commerce se doit d’être « libre et équitable », tout en assurant l’autonomie stratégique dans les technologies clés. (Pascal Hansens)