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Bulletin Quotidien Europe N° 12504
ACTION EXTÉRIEURE / Chine

L'UE doit rester engagée, mais pas naïve dans ses relations économiques avec son rival systémique chinois

Une étude publiée par le centre de recherche Bruegel appelle l'UE à revisiter sa stratégie avec Pékin et à élaborer une approche « nuancée » pour articuler des conditions de coexistence systémique féconde, sans pour autant négliger de développer des instruments plus robustes pour défendre ses valeurs et intérêts. 

Commerce : rivalité croissante

L'évolution de la relation commerciale entre les parties est marquée par une augmentation constante de la valeur ajoutée incorporée dans les exportations chinoises vers l’Union, relèvent les auteurs de cette étude commandée par la commission du commerce international (INTA) du Parlement européen (lien vers l'étude : https://t.co/yu5LzqRRBa?amp=1 ).

En outre, l’Empire du Milieu est devenu un concurrent pour les exportations de l'UE sur des marchés tiers en raison du changement de niveau technologique chinois. « Cela devrait être un signal d'alarme pour l'Europe dans sa quête pour rester compétitive au niveau mondial », alertent les chercheurs. De plus, la Chine devient de plus en plus centrale dans les chaînes d'approvisionnement mondiales.

Par ailleurs, les avantages commerciaux que pourrait tirer l’UE de l’Initiative « la Ceinture et la Route », le plan de développement et d’infrastructure chinois, semblent faibles au regard des défis qu'elle lui pose. En effet, la puissance « douce » chinoise s’inscrit de manière de plus en plus marquée dans le voisinage direct - et même à l’intérieur - de l’UE. Ici, les auteurs appellent l'UE à une approche plus « unifiée », pour améliorer son pouvoir de négociation.

Quant aux investissements respectifs, les entreprises européennes « ont accumulé plus d'investissements directs à l'étranger en Chine que l'inverse », rappelle le rapport. Mais les investissements chinois en Europe vont croissant et ciblent fortement la technologie. « Cela soulève la question de savoir si l'UE devrait craindre de perdre son avantage technologique, en particulier lorsque les entreprises publiques chinoises peuvent fausser la concurrence, non seulement en Chine, mais aussi à l'étranger par le biais d'acquisitions », lit-on aussi.

Priorités dans les pourparlers

Les négociations bilatérales d'un accord global sur les investissements sont cruciales pour l'UE. Elles doivent s'articuler autour de quelques priorités, indique le rapport, dont l'exigence de réciprocité doit être l'élément central.

Ainsi, la « liste négative » de la Chine pour l'accès aux marchés devrait être raccourcie et étendue à l'ensemble du territoire chinois.

L'accès au marché, au-delà du traitement réservé aux entreprises étrangères, est un autre enjeu clef afin d’encourager la réciprocité dans l’accès aux marchés.

L'UE doit aussi convaincre la Chine d'améliorer son accès aux marchés et de réduire les subventions aux entreprises nationales.

Enfin, l'Union devrait construire un « pare-feu » contre les problèmes potentiels liés aux investissements chinois en Europe, estiment aussi les auteurs, grâce à sa politique de concurrence et son cadre de règlement des différends, afin de réglementer les opérations des entreprises publiques chinoises. Des éléments qui semblent déjà se concrétiser avec la prochaine publication du Livre blanc sur les subsides étrangers.

Dialogue en juillet

La société civile sera d’ailleurs invitée à commenter ces sujets, et plus particulièrement les négociations bilatérales sur l’investissement UE/Chine, lors d’un dialogue organisé le 9 juin prochain : https://bit.ly/3hiTkdm  (Hermine Donceel)

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