La Commission européenne a mis sa menace à exécution et répondu aux « violations graves et systématiques » du régime cambodgien, mercredi 12 février, en privant le pays d’une partie des préférences tarifaires octroyées au titre du régime de préférences tarifaires « Tout sauf les armes » (EUROPE 12423/21, 12367/10).
« Le respect des droits de l'homme n'est pas négociable pour nous », a martelé Phil Hogan dans un communiqué publié le même jour. « Notre objectif est que les autorités cambodgiennes mettent fin aux violations des droits de l'homme et nous continuerons à travailler avec elles pour y parvenir », s’est-il aussi engagé.
En ciblant des secteurs les plus performants de ce pays, parmi les moins avancés au monde (PMA) - certains vêtements et chaussures, tous les articles de voyage et le sucre – la Commission épargne certains secteurs émergents de l’économie indochinoise. Les sanctions affecteront tout de même 20% des exportations annuelles du Cambodge vers l'UE, d'une valeur de 1,1 milliard d'euros.
« Il ne s’agit pas d’infliger une peine », a expliqué un porte-parole de la Commission en conférence de presse, mercredi 12 février. Parce qu'elle essaie « de limiter l’éventuel impact concernant certains secteurs de la population », la Commission estime sa décision « équilibrée ». Elle sanctionne le régime du Premier ministre Hun Sen, tout en préservant l’objectif de développement de son régime de préférences tarifaires.
En 2018, le Conseil avait demandé à la Commission de renforcer son suivi quant à la situation politique au Cambodge et sa coopération avec les autorités cambodgiennes. Début 2019, la Commission lançait néanmoins sa procédure de retrait (EUROPE 12421/11, 12191/12).
Si le Conseil et le Parlement entérinent cette décision, elle entrera en vigueur le 12 août 2020. (Hermine Donceel)