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Bulletin Quotidien Europe N° 12424
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POLITIQUES SECTORIELLES / SantÉ

L'UE craint une pénurie d'équipements à la suite de la flambée de coronavirus en Chine

Un plaidoyer pour davantage de coordination. C'est, selon toute logique, la tournure que devrait prendre la réunion extraordinaire des ministres européens de la Santé consacrée au nouveau coronavirus, jeudi 13 février. Le projet de conclusions évoque la question de la gestion des frontières, sans préconiser la fermeture de celles-ci, ainsi que l'achat en commun d'équipements, au vu des risques de pénurie. 

Le nouveau coronavirus, rebaptisé Covid-19, est apparu dans la ville de Wuhan, dans la province chinoise d’Hubei. Il a été signalé par les autorités chinoises à l'Organisation mondiale de la santé (OMS) le 31 décembre et, à la date du 12 février, il avait déjà donné lieu à plus de 45 000 contaminations et 1 115 morts. C'est dans ce contexte et à la suite d'une téléconférence, le 7 février, que plusieurs États membres ont réclamé un Conseil extraordinaire consacré à la maladie. Le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, assistera lui aussi à cette réunion. 

Au vu du document de travail préparé par la Présidence croate du Conseil de l'UE ainsi que du projet de conclusions, l'achat en commun d'équipement et la gestion des frontières figureront bel et bien parmi les sujets de discussion.

Achat en commun d'équipements

Lors de l'échange de vues, la Présidence croate interrogera les ministres sur une possible coopération accrue en matière de prévention et de préparation ainsi que sur les actions à mener pour assurer un approvisionnement continu en équipements médicaux et pharmaceutiques. 

Plusieurs États membres s'inquiètent en effet d'une pénurie d'équipements en provenance de Chine. « Dans ce cas précis, les systèmes d'approvisionnement sont vulnérables aux interruptions de fabrication en Chine, car de nombreux produits essentiels à l'atténuation efficace des menaces pour la santé publique, tels que les équipements de protection individuelle et les ingrédients actifs, sont importés de Chine », note le document croate.  

L'une des idées actuellement sur la table serait d'activer le fameux mécanisme de passation en commun de marchés. En vertu de la Décision 1082/2013, ce mécanisme volontaire cosigné par 25 États membres (tous sauf la Finlande, la Pologne et la Suède) permet à un minimum de quatre États membres d'unir leurs forces en vue de l'achat anticipé de contre-mesures médicales relatives à des menaces transfrontalières sanitaires graves. Cela leur permet d'acheter une quantité minimum de contre-mesures médicales et de se réserver une capacité de production en payant des frais de réservation (un pourcentage) sur une base annuelle. D'après nos informations, qui devaient encore être confirmées par la Commission européenne (confirmation que nous n'avions pas reçue à l'heure du bouclage), depuis sa création, ce mécanisme a déjà été activé pour la tuberculose, l'hépatite C ainsi que sur les antitoxines contre la diphtérie et le botulisme (EUROPE 11457/8). 

Gestion des frontières : coordination plutôt qu'interdiction

Au cours de leur réunion, les ministres devraient adopter une série de conclusions dans lesquelles ils « accueillent favorablement la réponse efficace de l'UE » et appellent à une coopération continue et accrue au niveau de l'UE et du monde entier. 

La gestion des frontières apparait en filigrane dans le document (EUROPE 12422/3). L'Italie, qui a introduit des restrictions de vols et souhaitait les étendre au territoire européen, n'aura finalement pas eu gain de cause. Dans le document, les Vingt-sept pressent les États membres d'agir ensemble « de manière proportionnée et appropriée, dans le respect des recommandations de l'OMS et de l'ECDC ». Or, ces deux organisations ne préconisent pas une fermeture des frontières, susceptible, selon eux, d'augmenter les passages illégaux.

À défaut, le document suggère aux États de coopérer pour que les conseils et les mises en garde aux voyageurs soient communiqués aux points d'entrée de l'UE et insiste sur la sauvegarde de la liberté de mouvement dans l'UE. Il abandonne par contre, contrairement à une version antérieure, le ciblage (identification) commun de personnes potentiellement infectées. (Sophie Petitjean)

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