Appelé par plusieurs députés européens à faire davantage pour régler le conflit en Syrie, le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a reconnu que l’UE était impuissante.
« Je comprends et partage le sentiment de frustration de beaucoup de vos discours, car, face à la crise syrienne, l'UE est restée impuissante. Nous disons, 'il faut, il faut, il faut' (...) Oui, mais avec quel levier, avec quelle force, avec quelle capacité pouvons-nous agir sur les acteurs » qui s'affrontent dans ce conflit ?, a-t-il reconnu en clôture d’un débat avec les députés européens à Strasbourg.
Selon le Haut Représentant, ce qu’il s’est passé en Syrie est « une grande leçon pour l’Europe ». « Si nous voulons vraiment être un acteur géopolitique, nous devons agir et devons avoir les moyens de le faire. Sinon, nous continuerons à tenir des sessions parlementaires comme celle-ci afin de continuer à dire ‘il faut, il faut, il faut’ », a-t-il ajouté.
Lors du débat, les députés, intervenant au nom des groupes PPE, Renew Europe et Verts/ALE, ont ainsi une nouvelle fois appelé l’UE à faire plus. Hilde Vautmans (Renew Europe, belge) a demandé au Haut Représentant d’élaborer « rapidement » un plan, ajoutant que l’objectif principal devait être un cessez-le-feu immédiat. « On peut faire plus, mener des actions diplomatiques pour un cessez-le-feu et une extension des sanctions, y compris contre des responsables turcs et russes », a ajouté Hannah Neumann (Verts/ALE, allemande).
Comme seules promesses, le Haut Représentant a annoncé que l’UE était prête à faire plus pour soutenir l’action des Nations Unies et en termes d’aide humanitaire et qu’elle continuerait à appliquer ses sanctions. « Bien que cela soit difficile, nous devons redoubler d'efforts pour identifier les intérêts communs avec d'autres acteurs internationaux : la Russie, les États-Unis, la Turquie et d'autres », a-t-il ajouté. (Camille-Cerise Gessant)