Les députés de la commission des affaires économiques et monétaires (ECON) du Parlement européen ont adopté à l’unanimité, jeudi 12 décembre, un projet de résolution exprimant leurs préoccupations concernant le cas de pantouflage d'Adam Farkas, directeur exécutif de l’Autorité bancaire européenne (ABE), qui rejoindra l’Association pour les marchés financiers en Europe (AFME) en tant que directeur général à partir de février 2020 (EUROPE 12356/9).
Fin octobre, le PE avait déjà interrogé la Commission à ce sujet (EUROPE 12329/18), ainsi que le président de l'ABE en novembre (EUROPE 12362/2), mais n’a visiblement pas été convaincu par leurs réponses.
Le texte, élaboré par la présidente de la commission ECON, Irene Tinagli (S&D, italienne), juge en effet les restrictions imposées par l’ABE au départ de M. Farkas « relativement légères » et demande à l’ABE de reconsidérer sa décision d'autorisation.
« Le soutien unanime en faveur d'une résolution au Parlement est rare et remarquable. Le signal est d'autant plus fort : le Parlement n'accepte pas que des lobbies récompensent nos régulateurs par des emplois bien rémunérés », a commenté le député Paul Tang (S&D, néerlandais).
Les compromis trouvés entre groupes politiques, consultés par EUROPE, invitent également toutes les institutions de l'UE à éviter tout contact avec M. Farkas pendant deux ans et demandent aux services du PE d'examiner très attentivement la question de savoir si un badge d'accès au PE devrait lui être délivré ou non pendant cette même période de deux ans, s'il prenait effectivement ses fonctions à l'AFME.
« Si l’ABE n’empêche pas efficacement ce conflit d'intérêts, les députés prendront eux-mêmes des mesures et éviteront systématiquement tout contact avec le lobbyiste Farkas », a expliqué Sven Giegold (Verts/ALE, allemand) dans un communiqué.
De façon plus générale, le texte invite la Commission à réviser et harmoniser les règles relatives aux mouvements entre les pouvoirs publics et l'industrie afin de mieux prévenir les conflits d'intérêts.
La résolution doit encore être approuvée par le PE dans son ensemble lors de la session plénière de janvier. (Marion Fontana)