Les possibilités de pêche au cabillaud en mer du Nord et en mer Celtique, ainsi que les mesures de pêche au bar seront les sujets les plus délicats à négocier entre ministres européens, lundi 16 et mardi 17 décembre à Bruxelles, sur la fixation des totaux admissibles de captures (TAC) et quotas pour 2020 dans les eaux de l’Atlantique et de la mer du Nord.
Par ailleurs, le Conseil de l'UE devrait parvenir à une orientation générale sur un règlement permettant d’aider les pêcheurs de cabillaud en Baltique orientale qui sont en crise à cause de la raréfaction de la ressource (EUROPE 12361/9).
Le Conseil devrait parvenir, mardi soir ou mercredi matin prochain, à un accord politique sur un règlement concernant les TAC et quotas en 2020 pour les principaux stocks de poissons dans l'Atlantique et en mer du Nord (EUROPE 12356/17).
Cabillaud de mer Celtique. La situation du stock étant préoccupante, la Commission propose ainsi un TAC de seulement 189 tonnes (uniquement pour des prises accessoires) pour l’ensemble des pays concernés (France, Royaume-Uni, Irlande, Belgique, Pays-Bas).
Ces pays travaillent à la mise en place de mesures techniques (élargissement des maillages) pour épargner au maximum le cabillaud et permettre aux pêcheurs de continuer à capturer d’autres espèces (églefin, langoustine). En échange de ces mesures techniques, ils espèrent obtenir un quota supérieur de cabillaud (prises accessoires).
Bar. S’agissant du 'stock nord' de bar, la Commission propose de reconduire en 2020 les mesures actuelles visant à interdire la pêche ciblée, tout en autorisant des prises accessoires.
Pour le 'stock sud' de bar, il est suggéré de laisser les deux pays concernés (France et Espagne) gérer un TAC total de 2 533 tonnes de pêche accessoire (pêche professionnelle et récréative).
Autres quotas. Le Portugal et l’Espagne tenteront d’éviter des baisses trop importantes des TAC de merlu (nord et sud) et de chinchard.
Le Danemark a notamment comme priorité le cabillaud du Kattegat, la Belgique la sole et les Pays-Bas le bar.
La plupart des délégations nationales soutiennent l’atteinte en 2020 du rendement maximal durable (RMD) pour l’ensemble des stocks, même si certaines d'entre elles demandent des exceptions dans des cas particuliers.
Les négociations UE/Norvège sur les quotas 2020 sont toujours en cours. Elles butent notamment sur le cabillaud et le crabe des neiges. La Commission n’a donc pas encore pu présenter les chiffres pour de nombreux TAC en mer du Nord, qui sont déterminés dans le cadre de cet accord bilatéral annuel. Une troisième session de négociations UE/Norvège devrait se tenir le vendredi 13 décembre.
Cabillaud balte. La Commission a proposé, en octobre, une proposition (procédure de codécision) amendant, d’une part, le plan pluriannuel de gestion des stocks en mer Baltique (limites de capacité pour le cabillaud de la Baltique orientale, collecte de données et mesures de contrôle) et, d’autre part, le Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (FEAMP) (aides à l’arrêt définitif des navires).
La Présidence finlandaise du Conseil a suggéré d’amender le texte initial pour inclure le cabillaud et le hareng de Baltique occidentale. En outre, le compromis prévoit de biffer les paragraphes sur les contrôles et la collecte des données.
La Commission serait assez mécontente des changements apportés.
Le Conseil a instauré, en octobre dernier, une fermeture de la pêche du cabillaud en Baltique orientale. Ces restrictions devraient entraîner un excédent de capacité des flottes et de graves répercussions socio-économiques pour les communautés côtières et les entreprises de pêche concernées. (Lionel Changeur)