Moins de la moitié des masses d'eau de l'UE sont en bon état, même si le délai fixé par la législation européenne pour y parvenir était fixé à 2015, selon le bilan de santé ('fitness check') des directives 'eau', publié jeudi 12 décembre par la Commission européenne.
Ce bilan mitigé montre que la législation de l'UE est adéquate pour atteindre les objectifs poursuivis et plus pertinents que jamais : s'attaquer à la pollution de l'eau, réduire la perte de biodiversité en eau douce et renforcer la résilience aux effets du changement climatique.
Toutefois, malgré les améliorations apportées à la protection des masses d'eau et à la gestion des risques d'inondation, l'évaluation révèle un niveau insuffisant de mise en œuvre par les États membres et par les secteurs ayant un impact important sur l'eau, tels que l'agriculture, l'énergie et les transports.
Étaient à l'examen la directive-cadre sur l'eau, les directives 'filles' (directive sur la protection des eaux souterraines contre la pollution et la détérioration, directive relative aux normes de qualité de l'eau) et la directive relative à l'évaluation et la gestion des risques d’inondations.
« Les défis auxquels sont confrontés les États membres sont plus que considérables. Nous devons maintenant accélérer la mise en œuvre de ce dont nous avons convenu. L'élan du Pacte vert européen nous permettra de faire un bond en avant », commente le commissaire à l'Environnement, aux Océans et à la Pêche, Virginijus Sinkevičius, dans un communiqué.
La directive-cadre sur l'eau a certes permis de mettre en place un cadre de gouvernance pour la gestion intégrée de l'eau dans plus de 110 000 masses d'eau de l'UE, ralentissant ainsi la détérioration de l'état des eaux et réduisant la pollution chimique. Mais la mise en œuvre de la directive a été considérablement retardée. Un financement insuffisant et une intégration insuffisante des objectifs environnementaux dans les politiques sectorielles sont aussi pointés du doigt.
Toutefois, l'évaluation souligne que cette directive est suffisamment souple pour tenir compte des nouveaux défis tels que le changement climatique, la rareté de l'eau et les polluants émergents comme les microplastiques et les produits pharmaceutiques. Les produits chimiques sont un domaine clé où il y a place à l'amélioration et à l'obtention de meilleurs résultats, selon la Commission.
La directive 'Inondations', en vertu de laquelle les tout premiers plans de gestion ont commencé à être mis en œuvre en 2016, a permis d’améliorer la gestion des risques, mais davantage d’efforts sont requis pour renforcer la sensibilisation et garantir une prévention meilleure et mieux coordonnée, adaptée aux projections climatiques. (Aminata Niang)