login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 12356
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Finances

Le cas d’Adam Farkas relance le débat au PE sur l’amélioration des règles sur le pantouflage

Le Parlement européen a interrogé la Commission, jeudi 24 octobre, sur un nouveau cas de pantouflage : celui d’Adam Farkas, directeur exécutif de l’Autorité bancaire européenne (ABE) depuis 2011, qui rejoindra l’Association pour les marchés financiers en Europe (AFME), l’un des principaux lobbies du secteur financier, en tant que directeur général à partir de février 2020 (EUROPE 12329/18).

« La Commission fera-t-elle pression sur l’ABE pour qu’elle empêche M. Farkas de rejoindre son nouveau poste ? Que compte faire la Commission pour mettre en pratique ses normes éthiques dans l’ensemble de ses institutions et empêcher que de nouveaux cas de pantouflage ne sapent la confiance des citoyens à l’égard de nos institutions ? », a demandé le député Paul Tang (S&D, néerlandais), auteur de la question orale.

Chargé de répondre au nom de l'institution, le commissaire européen au Développement, Neven Mimica, a rappelé que les représentants de la Commission européenne n'ont pas de droit de vote au sein du conseil des autorités de surveillance de l’ABE.

Mais, en tant que membre de ce conseil, la Commission a pu contribuer aux discussions et a plaidé pour une « approche aussi stricte que possible quant au départ de M. Farkas », a-t-il assuré.

« Des restrictions sont en place pour prévenir les conflits d'intérêts », a-t-il par ailleurs ajouté, rappelant que M. Farkas ne devra pas personnellement faire de lobbying auprès de l’ABE pendant deux ans après son départ, ni conseiller l’AFME et ses membres sur des sujets directement liés au travail qu’il a mené au sein de l’ABE durant les 3 dernières années, pendant 18 mois.

Mais, aux yeux des députés, les conditions posées par l’ABE au départ de M. Farkas sont inadéquates et quasiment impossibles à vérifier dans la pratique.

Plusieurs députés, dont le Français Damien Carême (Verts/ALE), ont en outre estimé qu’il fallait lancer un débat plus large sur les règles de pantouflage dans l’UE. Le député a plaidé pour des périodes de transition plus longues entre deux positions qui peuvent entrer en conflit d’intérêts, une harmonisation des règles entre toutes les institutions et agences européennes. Il s’est aussi prononcé pour la création d’une autorité européenne indépendante en charge de l’éthique.

Et puisque ni l’ABE ni la Commission ne semblent vouloir agir, il a suggéré que le PE le fasse, en refusant l’accès à M. Farkas à ses locaux, comme il l'a fait par le passé pour les lobbyistes de Monsanto (EUROPE 11872/30).

Mercredi, 58 organisations de la société civile, dont Finance Watch, Corporate Europe Observatory et Positive Money, ont signé une lettre de Change Finance demandant à l’ABE de revenir sur sa décision. (Marion Fontana)

Sommaire

INSTITUTIONNEL
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
SOCIAL
POLITIQUES SECTORIELLES
COUR DE JUSTICE DE L'UE
BRÈVES