Alarmé par l'ampleur des conséquences de la faillite du voyagiste Thomas Cook pour l'industrie du tourisme, les passagers lésés et les salariés licenciés, le Parlement européen appelle l'UE et les États membres à utiliser tous les instruments à leur disposition pour atténuer l'impact de ce désastre économique et social.
La résolution commune qu'il a adoptée, jeudi 24 octobre, sur les retombées négatives de la faillite de Thomas Cook sur le tourisme de l'UE l'a été à l'initiative du groupe PPE. Elle insiste sur la nécessité de mieux protéger les consommateurs, les passagers et les employés à l'avenir, d'évaluer l'opportunité de nouvelles mesures pour prévenir toute crise analogue et réclame une stratégie sur le tourisme coordonnée à l'échelle de l'UE, avec un soutien budgétaire approprié, ce secteur représentant plus de 4% du PIB de l'UE et près de 12% de l'emploi total.
Le Parlement se dit profondément préoccupé par le sort des 600 000 vacanciers qui ont été bloqués à l’étranger, dont beaucoup se sont retrouvées sur leur lieu de villégiature sans aucune autre possibilité de retour, ce qui a placé le secteur dans une très grande insécurité juridique et privé un nombre considérable de consommateurs de protection.
Aider les victimes. La Commission est invitée à débloquer rapidement les instruments financiers de l’UE permettant d’indemniser le secteur pour les dommages subis et de contribuer à améliorer sa compétitivité tout en garantissant un niveau élevé de protection des consommateurs.
Le PE invite les gouvernements des États membres touchés par la faillite de Thomas Cook à utiliser le Fonds européen d'ajustement à la mondialisation pour aider les travailleurs licenciés et les entreprises, notamment les PME. La Commission, elle, devrait traiter ces demandes au plus vite.
La Commission et les États membres devraient veiller à ce que les travailleurs touchés se voient garantir leur salaire et leur retraite, soulignent les députés.
Pour renforcer la protection des consommateurs en cas de faillite, des fonds de garantie ou des contrats d’assurance des compagnies devraient être inclus dans les règles relatives aux droits des passagers européens, actuellement en cours de révision.
Les députés souhaitent aussi que la Commission présente une proposition sur le droit des travailleurs à l’information et à la consultation et sur l’anticipation et la gestion des restructurations.
Prévenir. Le Parlement invite la Commission à évaluer la manière dont la législation européenne et les législations nationales ont permis de gérer cette gigantesque opération de sauvetage et comment elle pourrait, à l’avenir, intervenir rapidement et efficacement en pareil cas.
Les autorités compétentes sont invitées à analyser les raisons de la faillite de Thomas Cook, alors que l’évolution négative de la situation financière de l’entreprise était déjà connue des autorités britanniques.
Le PE invite la Commission à envisager une révision du règlement (CE) n°1008/2008 pour permettre aux autorités de mieux surveiller et de mieux contrôler les états financiers des compagnies aériennes et de réagir en cas de situation critique. (Aminata Niang)