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Bulletin Quotidien Europe N° 12356
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Migration

Les eurodéputés échouent à envoyer un message de solidarité sur les opérations de recherche et secours de migrants en mer

Le vote s’annonçait serré et le groupe S&D avait raison de penser que la majorité était fragile, comme l’avait dit le Français Raphaël Glucksmann, mardi 22 octobre. Le Parlement européen a en effet rejeté, à deux voix près (290 voix contre, 288 pour, 36 abstentions), jeudi 24 octobre, le projet de résolution, porté par les sociodémocrates et adopté en commission parlementaire (EUROPE 12354/4), qui appelait les États membres à prendre leurs responsabilités et à déployer des moyens supplémentaires pour sauver les migrants en mer.

Le rapporteur espagnol socialiste Juan Fernando Lopez Aguilar a déploré qu’« à deux voix près, il ne soit pas possible pour ce Parlement de passer un message de solidarité » envers ceux qui prennent la mer et mettent leur vie en péril.

Le PE ne passera donc aucun message sur le sujet, comme en a décidé l’Hémicycle. Car outre la résolution portée par le S&D à laquelle 81 amendements avaient été déposés, toutes les autres résolutions alternatives sur le sujet ont également été rejetées, en l’occurrence celles des groupes PPE, ID et CRE.

Au nom du groupe ID, le Français Nicolas Bay s’est félicité, via Twitter, du résultat de ce vote et de l’échec du président français, Emmanuel Macron, à imposer des « quotas de migrants ».

La résolution mise au vote visait aussi à demander aux États membres de cesser de criminaliser l’aide aux migrants. Les députés S&D, comme d’ailleurs le PPE dans sa résolution alternative, pressaient notamment la Commission européenne de mettre enfin au point ses lignes directrices sur la criminalisation de l’aide aux migrants.

La Commission était également invitée à mettre au point une nouvelle stratégie « pérenne et permanente » de recherche et de sauvetage en mer de migrants, tandis que le Conseil de l'UE était appelé à créer un mécanisme permanent de redistribution des migrants secourus.

Les résolutions alternatives, comme celle du groupe CRE, insistaient sur la nécessité d’identifier les migrants secourus avant qu’ils ne soient distribués et de vérifier au préalable s’ils pouvaient prétendre à une protection internationale. Elles insistaient aussi sur le devoir d’encourager plutôt les pays tiers à empêcher les départs en mer et à renforcer le travail de la Commission en ce sens.

L’ONG Oxfam a déploré un vote « honteux » et a rappelé que 1000 migrants avaient trouvé la mort cette année en Méditerranée.

La veille au soir, le commissaire à l’Élargissement et la politique de voisinage, Johannes Hahn, avait souligné qu’en dépit de la tragédie humaine que représentent les morts de migrants, la situation s’était améliorée au cours des dernières années. Les différentes opérations maritimes de l’UE ont permis de sauver 730 000 vies ces quatre dernières années, avait-il aussi souligné. Il avait aussi observé que la directive ‘facilitation’, qui criminalise l’aide à l’immigration irrégulière, permet déjà de ne pas punir la société civile venant en aide aux migrants pour des impératifs humanitaires. (Solenn Paulic)

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