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Bulletin Quotidien Europe N° 12341
Sommaire Publication complète Par article 20 / 32
ACTION EXTÉRIEURE / États-unis

La filière agroalimentaire européenne serait la première victime des sanctions tarifaires américaines dans le litige Airbus

Le projet de liste publié le 2 octobre révèle que c'est bien le secteur agricole de l'UE qui portera la part du lion des 6,84 milliards d’euros (7,497 milliards de dollars) d'importations pouvant être soumises à des sanctions tarifaires par les États-Unis en vertu de la décision de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) (EUROPE 12340/13, 12339/10).

Les augmentations tarifaires, de 10% sur les gros aéronefs civils et de 25% sur les autres produits, seront appliquées par Washington à compter du 18 octobre, sur « une gamme d'importations en provenance des États membres de l'UE, la majeure partie étant appliquée aux importations en provenance de la France, de l'Allemagne, de l'Espagne et du Royaume-Uni, les quatre pays à l'origine des subventions illégales », a souligné le Bureau du représentant américain au Commerce (USTR), Robert Lighthizer, dans un communiqué publié le 2 octobre dans la soirée, qui accompagnait un nouveau projet de liste de produits (sous réserve de validation par M. Lighthizer).

Impact sur les opérateurs européens

À l’heure de la publication de cet article, aucune analyse détaillée permettant d’évaluer le montant réel de ces sanctions n’était disponible - ni, donc, l’impact réel qu’elles pourraient avoir sur l’économie européenne - ni encore quels États européens seraient les plus affectés.

Néanmoins, il semblerait que la gifle ait été moins forte que prévu.

Avec une hausse « limitée » à 10% et l’exclusion des pièces détachées, l’industrie aéronautique semble ainsi s’en tirer mieux que prévu.

Sans surprise, c’est bien la filière agroalimentaire qui pâtit le plus de ces sanctions (EUROPE 12287/12, 12257/13). Des exportations de préparations fruitières, de mollusques, de produits laitiers et de fromages des Vingt-huit (à l’exception notable, pour certaines lignes tarifaires, de la France et de la Pologne) se verront pénalisées à leur entrée sur le sol américain.

Les quatre États coupables de soutiens verront leurs exportations d’olives et de certaines catégories de vins frappées de droits additionnels ; les exportations de charcuteries, d'huile d'olive vierge et d'olives vertes d’Allemagne, d’Espagne et du Royaume-Uni seront aussi sanctionnées, ainsi que les liqueurs de ces pays, d'Irlande et d'Italie. Plus spécifiquement, pour les Britanniques, sont affectés le whisky et toute une gamme de vêtements en coton, laine, cachemire ou fibres synthétiques. Pour les Allemands, du café, des outils pour le travail du métal, des machines et du matériel photographique. Allemands et Anglais verront aussi taxés des biscuits et des gaufres, des livres, des lithographies, des images et des photographies, ainsi que certaines machineries de construction.

Les sanctions sur les voitures reportées?

Il se dit que l’Allemagne serait particulièrement affectée par ces relèvements tarifaires. Toutefois, alors que s'amorce la campagne électorale, le président des États-Unis, Donald Trump, semble avoir quelque peu calmé sa propension à l'application de sanctions tarifaires sur des importations de voitures au titre de la section 232 du Trade Expansion Act. Les États-Unis ont d'ailleurs souligné qu’ils feraient preuve d’une flexibilité exceptionnelle sur le calendrier de la décision finale de M. Trump, celle-ci étant théoriquement attendue pour novembre 2019. Si cela se confirmait, Berlin s'en tirerait, au final, à meilleur compte.

Pour consulter la liste : https://bit.ly/2nY5C3J (Hermine Donceel)

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