Johannes Hahn, le commissaire désigné au Budget et à l'Administration, a indiqué, jeudi 3 octobre, devant les eurodéputés, qu’il allait tout faire pour contribuer à un accord sur le cadre financier pluriannuel (CFP) de l’UE 2021-2027 « avant la fin de l’hiver » (EUROPE 12337/16).
Lors d’une audition, durant laquelle il s'est montré plutôt convaincant sur les affaires budgétaires, l’actuel commissaire à la Politique européenne de voisinage et aux Négociations d'élargissement a souligné qu’il se rendrait dans les États membres de l’UE partisans de la « ligne dure » sur le CFP (ceux qui ne souhaitent pas dépasser un volume de 1% du revenu national brut de l’UE), pour tenter de les convaincre « du besoin de davantage d’argent, notamment pour le climat et la protection aux frontières ».
La négociation et la mise en œuvre du prochain CFP seront la première priorité du prochain commissaire au Budget. L'Autrichien Johannes Hahn, en passe d'effectuer un troisième mandat de commissaire, a reconnu que les négociations étaient difficiles, mais il se veut optimiste, en croyant possible un « accord rapide » sur ce dossier.
En répondant à des questions, notamment celles de José Manuel Fernandes (PPE, portugais) et d’Eider Gardiazabal (S&D, espagnole) sur le CFP 2021-2027, M. Hahn a estimé que la proposition de la Commission sur le CFP 2021-2027 (un CFP représentant 1,114 % du RNB de l’UE à 27) constituait « une base solide ». « De nombreux États membres sont dans notre camp, mais pas tous », a noté M. Hahn. Selon lui, un budget inférieur à celui proposé par la Commission « serait néfaste pour nos ambitions et la capacité de l’UE à apporter des résultats ». Les États membres sont très divisés sur les éléments du prochain CFP (EUROPE 12328/3).
Au sujet des nouveaux programmes annoncés par la présidente désignée de la nouvelle Commission, Ursula von der Leyen, comme le ‘Fonds pour une transition juste’(voir autre nouvelle), M. Hahn s’est dit convaincu qu’avec une adaptation du prochain CFP, « on arrivera à financer la plupart des choses, mais à condition de ne pas descendre en dessous du niveau proposé » par la Commission.
Des mesures d’urgence ? M. Hahn a notamment été interrogé par Valérie Hayer (Renew Europe, française) sur la nécessité de présenter un 'plan d’urgence' pour éviter une suspension des programmes en cas d’accord tardif sur le nouveau CFP.
Le plan d’urgence constitue une mesure de « dernier ressort », a expliqué M. Hahn. Il ne veut d’ailleurs pas encore parler de 'plan B' « pour ne pas faire disparaître la pression pour aboutir à un accord » sur le CFP 2021-2027. Il ne faut pas, à ses yeux, « se détourner » de l'objectif premier, qui est de conclure un compromis sur le futur CFP. En plus, a-t-il déploré, « un retard ne nous permettrait pas de commencer à financer les nouvelles priorités ».
Optimisme sur les nouvelles ressources propres. M. Hahn s’est montré d’accord avec le souhait du PE d’introduire de nouvelles ressources propres pour financer le budget de l’UE.
Il a noté qu’un accord était possible au Conseil au sujet de la ‘taxe’ sur le volume des déchets d’emballages plastiques non recyclés (seule la Pologne est contre, selon lui).
M. Hahn estime aussi que « les discussions ont bien avancé » entre les États membres à propos de l’idée d’une partie des recettes provenant du régime d'échange de droits d'émission de gaz à effet de serre. En outre, il y a des idées à examiner qui ont été avancées par Mme von der Leyen, comme l’instauration d’une taxe carbone aux frontières, ou encore l’extension du système d’échange de quotas d’émission au secteur maritime et la réduction des quotas alloués gratuitement aux compagnies aériennes.
Selon Johannes Hahn, qui a été aussi commissaire à la Politique régionale, « le budget est un catalyseur des priorités politiques et l'un des outils les plus visibles pour montrer aux citoyens les principes de l’UE ».
Il a pourtant soutenu la réduction budgétaire de 7% proposée par la Commission sur la période 2021-2027 pour les programmes au titre de la politique de cohésion. (Lionel Changeur)