À l’issue d’une réunion houleuse avec la commission des libertés civiles (LIBE) du Parlement européen, jeudi 3 octobre, la capitaine du navire humanitaire Sea Watch, Carola Rackete, a rappelé devant la presse que la question migratoire était un problème systémique et européen et qu’il fallait, dans ce cadre également, porter attention à la gestion migratoire aux frontières terrestres et intérieures.
« J’espère que cet intérêt se traduira par des changements réels », a lancé la militante pour les droits humains, en référence à l'accord provisoire maltais entre les États membres (EUROPE 12333/1). « Je pense qu'il est très important que la société civile reste attentive à (la) question (migratoire), non seulement à la frontière maritime, mais aussi aux frontières terrestres, et à ce qui se passe en Europe après leur arrivée », a-t-elle lancé.
Mme Rackete a insisté devant les députés, puis devant les journalistes, sur une solution européenne, rappelant la situation des États membres à la frontière sud de l’Union européenne, qui, ces dernières années, ont été « laissés seuls » face à la crise migratoire.
Et d’appeler à un accord européen systématisé sur la distribution des réfugiés entre États membres, la fin de la criminalisation des ONG engagées dans la recherche et le sauvetage des migrants et réfugiés en mer - une pratique répandue en Europe, selon elle –, à une refonte intégrale du règlement de Dublin et à renforcer l’intégration des primoarrivants au sein des sociétés européennes.
L’accord provisoire, trouvé fin septembre à Malte entre les ministres de l’Intérieur maltais, italien, français et allemand, a inquiété l'Allemande, notamment en raison de l’obligation imposée à un navire de recherche et de sauvetage de respecter les ordres des garde-côtes. Un problème, selon elle, si le navire en question se trouve en eaux libyennes.
Mme Rackete a par ailleurs tourné en dérision le portefeuille dédié à « la protection du mode de vie européen » de Margaritis Schinas (voir autre nouvelle), en se demandant « qui protège le reste du monde de nous », Européens. (Pascal Hansens)