Plusieurs députés européens ont exhorté, mardi 16 avril, la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, à faire plus pour une solution à deux États entre Israël et la Palestine (voir aussi autre nouvelle).
Alors qu'Elena Valenciano (S&D, espagnole) a dénoncé les réponses « timorées » de l’UE, Hilde Vautmans (ADLE, belge) a appelé la Haute Représentante à « présenter encore plus clairement [la] position » du PE. « Vous devez vous faire encore plus clairement la porte-parole de cette seule solution viable, la solution à deux États », a-t-elle ajouté lors d’un débat sur la reconnaissance par les États-Unis du plateau du Golan comme un territoire israélien et de la possible annexion de colonies en Cisjordanie.
Passer des paroles aux actes
Pour certains députés européens, les condamnations ne sont plus suffisantes. « Jusqu’à présent, l’occupation illégale d’Israël ne lui a rien coûté. Maintenant, il faut passer à des actions », a estimé la Danoise Margrete Auken pour les Verts/ALE, appelant à rompre tout lien avec les colonies et à publier la liste des entreprises qui travaillent avec elles.
Marisa Matias (GUE/NGL, portugaise) et Maria Arena (S&D, belge) ont toutes deux appelé à la suspension de l’accord d’association avec Israël, Mme Arena a même demandé qu'il n'y ait pas de négociation sur un accord commercial avec les États-Unis. « Il n’y a que par là que ces pays répondront sur [le] souhait d’une solution à deux États. L’Europe doit reprendre le flambeau et défendre la politique à deux États », a-t-elle justifié.
À l’opposé, pour Bas Belder (CRE, néerlandais), l’UE doit suivre le mouvement américain et reconnaître le plateau du Golan comme un territoire israélien, soulignant le « lien historique et biblique entre Israël et le Golan ».
Une reconnaissance impensable pour Mme Mogherini (EUROPE 12220/17), qui a aussi averti qu'abandonner une solution à deux États « apportera encore plus de chaos » et a regretté un manque de volonté politique des deux parties et une communauté internationale désunie. « Maintenir en vie cette perspective [à deux États] est la contribution la plus courageuse à apporter, ce que l'UE continuera à défendre dans les mois à venir, avec ceux qui veulent une paix durable », a-t-elle promis. (Camille-Cerise Gessant)