Les députés européens ont soutenu, mardi 16 avril, à l’occasion d’un débat au Parlement européen, des négociations politiques en Libye, sous l’égide des Nations Unies.
Ils ont appelé l’UE à être unie et à jouer un rôle actif dans ce processus et à soutenir l’envoyé spécial de l’ONU. « Si nous agissons ensemble, il y a peut-être une chance [d’arriver à une solution, NDLR] ; si nous faisons semblant, nous n’avons aucune chance », a résumé Knut Fleckenstein (S&D, allemand).
Mais au-delà de cet appel, les députés, tout comme la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, ont mis l’accent sur les milliers de réfugiés enfermés dans des centres de détention dans le pays, qui sont dans une « situation dramatique », selon José Salafranca (PPE, espagnol).
Barbara Spinelli (GUE/NGL, italienne) a demandé que l’UE s’assure que les migrants enfermés dans les camps reçoivent l’eau et la nourriture nécessaires. « Nous ne devons pas détourner les yeux de la situation des réfugiés, qui pourraient devenir un groupe à risque », a résumé Elena Valenciano (S&D, espagnole).
Même inquiétude du côté de Charles Tannock (CRE, britannique). Selon lui, au-delà du risque d’une nouvelle crise migratoire en Méditerranée, des réfugiés pourraient être forcés de rejoindre des milices. « Il faut tenir compte de ces menaces », a-t-il prévenu.
Le député italien ENL Mario Borghezio s’est, lui, inquiété de possibles arrivées massives de migrants sur le sol européen.
Devant les députés européens, la Haute Représentante a rappelé que l’UE travaillait avec l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) pour les évacuer à l'extérieur de la Libye, ou pour les déplacer vers des lieux plus sûrs en Libye.
« Notre travail avec les agences de l'ONU se poursuit, mais il est évident que les conditions sur le terrain sont de plus en plus difficiles chaque jour », a-t-elle reconnu, appelant - tout comme l'a fait le Haut -Commissaire de l’ONU, Filippo Grandi - les parties libyennes à permettre « l'évacuation rapide et inconditionnelle des centres de détention en première ligne ». (Camille-Cerise Gessant)