L’Union européenne a rappelé, lundi 15 avril, son engagement à une solution à deux États au Proche-Orient, à la suite de la publication d’une lettre de 37 anciens ministres des Affaires étrangères appelant Bruxelles à soutenir cette solution.
« L'UE a toujours pensé que la seule façon de mettre fin au conflit était de négocier une solution à deux États, sur la base de deux États - Israël et la Palestine - vivant côte à côte dans la paix et la sécurité et dans de bonnes relations avec leurs voisins », a réaffirmé un porte-parole de l’UE à EUROPE. Pour ce faire, « il convient de reprendre les négociations directes ». Le porte-parole a rappelé que l’UE continuerait à travailler avec ses homologues israéliens et palestiniens afin de progresser vers une paix juste et durable fondée sur une solution à deux États.
Dimanche 14 avril, dans une lettre adressée à la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, 37 anciens chefs de la diplomatie d’États membres, dont l’ancien Haut Représentant, Javier Solana, ont exhorté l’UE à soutenir la solution à deux États.
Les États-Unis pourraient, prochainement, présenter leur plan pour la paix et les anciens ministres s’inquiètent de l’« absence d'engagement clair et net en faveur de la vision de deux États ».
À titre d’exemple, interrogé le 15 avril sur une solution à deux États, le secrétaire adjoint par intérim sur le Proche-Orient, David M. Satterfield, s’est contenté de souligner que son pays appuierait « toute solution sur laquelle les deux parties directement concernées - Israël et les Palestiniens - pourront s'entendre ».
Ainsi, « en dépit de l'incertitude quant à savoir si et quand le plan sera publié, il est crucial pour l'Europe d'être vigilante et d'agir de manière stratégique », estiment les anciens chefs de la diplomatie.
Selon eux, l’UE devrait adopter et promouvoir un plan qui respecterait les principes fondamentaux du droit international reflétés dans les paramètres qu’elle défend concernant une solution à deux États, l’Union devrait « rejeter tout plan qui ne respecte pas cette norme » (EUROPE 12209/19).
Et l’UE ne devrait pas attendre la publication du plan pour agir, mais réaffirmer, dès à présent « formellement » les paramètres qu’elle défend, ajoutent les anciens ministres. Cette réaffirmation permettrait d’établir les critères de l'UE pour soutenir les efforts américains et de faciliter une réponse européenne cohérente et unifiée une fois le plan publié. De leur côté, « les gouvernements européens devraient s'engager davantage à intensifier leurs efforts pour protéger la viabilité d'un futur système à deux États », ajoutent-ils.
Et tout en rappelant qu’il est préférable que l’UE travaille en tandem avec les États-Unis, « dans les situations où nos intérêts vitaux et nos valeurs fondamentales sont en jeu, l'Europe doit poursuivre sa propre ligne d'action », préviennent-ils. « L'Europe se trouve face à une occasion unique de renforcer nos principes communs et nos engagements de longue date en ce qui concerne le processus de paix au Proche-Orient et de manifester ainsi le rôle unique de l'Europe en tant que point de référence pour un ordre mondial fondé sur des règles », ajoutent les anciens ministres, estimant que ne pas le faire « aurait des conséquences négatives considérables ». (Camille-Cerise Gessant)