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Bulletin Quotidien Europe N° 12237
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POLITIQUES SECTORIELLES / Climat

Invitée devant la commission de l'environnement du PE, Greta Thunberg fait fureur avant les élections européennes

Invitée à s’exprimer devant la commission de l’environnement du Parlement européen, la jeune activiste suédoise pour le climat, Greta Thunberg, a prononcé, mardi 16 avril à Strasbourg, un discours-choc dont elle est coutumière, pour appeler les décideurs politiques européens à agir maintenant pour le climat. 

Ovationnée à de nombreuses reprises par les députés de tous bords, son discours a fait mouche, même si les sensibilités des différents groupes politiques se sont fait sentir et si la sincérité de l’engouement général a suscité les sarcasmes des Verts, notamment, face à la droite (PPE, CRE), qui avait refusé que Greta Thunberg intervienne en session plénière, par respect des règles du PE (EUROPE 12235/9). 

Reçue juste avant par le président de l'institution, Antonio Tajani, elle avait pu « parler au nom des jeunes qui partagent les mêmes préoccupations face à la crise climatique et à l'effondrement écologique », a-t-elle confié à la presse. 

« Déforestation, pollution de l’air, perte des animaux sauvages, des insectes, acidification des océans : ces tendances désastreuses sont accélérées par nos modes de vie. Personne ne comprend que ce sont des symptômes de ce qui se passe avec le climat. Notre maison Terre est en train de s’effondrer. Il faut que les leaders politiques prennent des mesures immédiatement », a lancé la jeune Suédoise, implorant les députés d’agir au nom des préoccupations des millions d’enfants qui font la grève scolaire pour avoir droit à un avenir. « Pour les élections européennes, nous n’avons pas encore le droit de vote, vous devez nous écouter. » 

La présidente de la commission parlementaire, la Roumaine Adina-Ioana Vălean (PPE) l'a remerciée pour son engagement indéfectible et lui a assuré que « le climat sera l'un des sujets les plus importants des élections européennes à venir ». 

Qualifiant le discours d'« inspirant », l'Allemand Peter Liese (PPE) a estimé toutefois qu'à long terme, « ce combat doit se mener en dehors du cadre scolaire ». Et tout en reconnaissant que « le changement climatique est le défi majeur pour notre génération », il a fait état des réticences de certains États membres. « Certes, les États membres n'en font pas assez, mais sans l'Europe, il n'y aurait pas d'Accord de Paris », a-t-il dit. 

La Maltaise Miriam Dalli (S&D) a dit ressentir les mêmes craintes que Greta. « Beaucoup partagent ton analyse, mais lorsqu'il s'agit de légiférer, on dilue l'ambition sous la pression des lobbyistes. Nous voyons beaucoup de responsables politiques qui font de la communication, mais les actes ne suivent pas », a-t-elle déclaré. 

Pour le Belge Mark Demesmaeker (CRE), « il ne s'agit pas seulement de protéger la planète, mais l'emploi », il s'agit de parier sur la transition écologique pour réinventer l'économie en donnant sa chance à la technologie, la recherche et l'innovation. « Mais l'UE ne peut pas tout, il nous faut des alliés », a-t-il ajouté. 

 « En juillet, quand nous nous prononcerons sur le prochain président de la Commission, j'espère que nous nous rappellerons de ce jour où nous avons applaudi Greta et nous verrons si la prochaine Commission a l'intention de changer de cap pour sonner la fin de l'utilisation des combustibles fossiles », a lancé la tête de liste des Verts/ALE pour les élections européennes, le Néerlandais Bas Eickhout, qui plaidera pour réduire les émissions de CO2 de l'UE de 60 % d'ici à 2030 et pour atteindre la neutralité carbone d'ici à 2050. 

Son groupe a publié le même jour la liste des dix mesures prioritaires qu'il défendra, notamment : - cesser de subventionner les combustibles fossiles ; - garantir que tous les investissements futurs de l'UE soient durables et résistants au climat ; - fixer un juste prix pour le carbone (cela permettrait, selon eux, de générer 28 milliards d'euros par an) ; - assurer la justice fiscale ; - soutenir une transition juste ; - garantir la mobilité durable (taxer le kérosène, moins d'avions, plus de trains). 

« Plus un euro du budget ou de la BEI ne doit épuiser encore plus nos ressources », a précisé le Belge Philippe Lamberts à la presse. « Les solutions sont sur la table ; pour certaines, on les propose depuis des années », a ajouté l'Allemande Ska Keller. 

Même degré d'exigence chez l'Irlandaise Lynn Boylan (GUE/NGL), ravie que Greta Thunberg ait « cité l'Irlande, prête à sortir des énergies fossiles, mais qui donne des licences pour l'exploitation du gaz liquide. Il faut une réponse d'urgence des politiques, des mesures pour respecter 1,5 ° de réchauffement et une économie neutre en carbone bien avant 2050 ». 

 Certains ont boycotté Greta Thunberg. « À l’initiative du groupe des Verts/NGL, la nouvelle égérie écologiste est auditionnée [...] Je refuse pour ma part de servir de faire-valoir à cette grossière opération de communication. Bien sûr, il faut s’engager avec détermination face à l’urgence climatique. Ce Parlement a d’ailleurs plaidé pour une Europe neutre en carbone d’ici 2050 (EUROPE 12214/13). Mais je rejette avec fermeté le discours décliniste, catastrophiste, décroissant et antinucléaire tenu par Greta Thunberg », a déclaré la Française Françoise Grossetête (PPE). (Aminata Niang avec Camille-Cerise Gessant et Damien Genicot)

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