Les ministres européens de la Culture ont examiné ensemble, lors de leur réunion informelle à Bucarest, mardi 16 avril, les moyens de renforcer les industries culturelles et créatives, de mieux les financer ou encore de mettre à profit les succès de l'Année européenne du patrimoine culturel. Ils ont également exprimé leur solidarité avec la France à la suite de l'incendie de la cathédrale de Notre-Dame de Paris, la veille.
Les défis identifiés par la Présidence roumaine portent sur le manque de compétences entrepreneuriales chez les professionnels du secteur, le manque de compréhension des spécificités culturelles de la part des intermédiaires financiers, la faible prise en compte de l’esprit d’entreprise créatif par les décideurs, le manque de données et, « enfin et surtout », des problèmes liés à la valorisation des droits de propriété intellectuelle, qui sont essentiels pour que les secteurs de la culture et de la création puissent exploiter pleinement leur potentiel.
Une déclaration de Bucarest en préparation
D'après nos informations, la Présidence roumaine avait l'intention de clôturer la réunion par l'adoption d'une déclaration portant sur la place de la culture dans l'Europe du futur. Si certains pays - comme le Danemark - n'y étaient pas vraiment favorables au motif que la réunion était informelle, la déclaration devrait tout de même être adoptée par procédure électronique, le temps pour la Présidence roumaine d'introduire dans le texte une référence à l'incendie de Notre-Dame de Paris.
Cette déclaration de 5 pages est relativement consensuelle. Elle concerne les deux sujets à l'ordre du jour des ministres, à savoir le potentiel de l'industrie culturelle et créative et le patrimoine culturel. Parmi les principaux messages, elle suggère d'aider à développer le potentiel des secteurs culturels et créatifs, reconnaît le besoin d'utiliser les possibilités offertes par les technologies numériques et défend une approche stratégique. Elle appelle aussi la Commission à utiliser les principes clés identifiés dans le cadre européen d'action en faveur du patrimoine culturel.
Notre-Dame : offre de service polonaise
L'incendie de Notre-Dame de Paris s'est évidemment invité dans les discussions, avec de multiples témoignages de solidarité. D'après nos informations, la Pologne a fait part de son expertise dans la reconstruction de bâtiments historiques à la suite des destructions provoquées par la Seconde Guerre mondiale et s'est montrée disposée à aider la France sur ce terrain. (Sophie Petitjean)