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Bulletin Quotidien Europe N° 12237
CULTURE - SOCIAL / Culture

L'Europe prête à contribuer à la reconstruction de la cathédrale Notre-Dame de Paris

Du Parlement européen au Conseil de l'UE en passant par la Commission européenne, il est un sujet qui met tout le monde d'accord : le sentiment de désolation après l'incendie qui a ravagé la cathédrale de Notre-Dame de Paris dans la soirée de lundi 15 avril. Moins de 24 heures après la catastrophe, tous se sont dits prêts à aider la France à reconstruire ce monument datant du 12siècle, symbole de l'histoire française et européenne. 

Parmi la multitude de réactions, citons celle du président du Parlement européen qui a proposé à ses collègues de contribuer à une cagnotte en reversant leur salaire de la journée. « En tant que Parisien, Italien, Européen, mon cœur est blessé comme notre cœur à tous après ce qui s'est passé hier à Paris. Des députés m'ont proposé de recueillir de l'argent. Une boîte sera placée en dehors de la plénière. Nous pouvons y mettre ce que nous gagnons aujourd'hui pour envoyer un message positif du PE », a déclaré en début de séance plénière Antonio Tajani. 

Aide possible du budget européen

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a exprimé lui aussi son soutien à la France. Le soir de l'incendie, il a publié la déclaration suivante « Notre-Dame de Paris appartient à l'humanité toute entière. Elle a inspiré tant d'écrivains, tant de peintres, tant de philosophes, tant de visiteurs venant de partout. Quel triste spectacle. Quelle horreur ». Et le lendemain, il a ajouté : « Nous sommes tous un peu veufs. La Commission européenne est prête à appuyer tous les efforts dont la France aura besoin. » 

Lors de la réunion du Collège des commissaires, la Commission européenne a adressé un message de sympathie à la France. Les commissaires à la Politique régionale, Corina Cretu, à la Culture, Tibor Navracsics, au Budget, Günther Oettinger, et à l’Aide humanitaire, Chrístos Stylianídis, ont été invités à s’impliquer afin que la Commission puisse suivre de près les efforts de reconstruction.

De son côté, le commissaire chargé de la Culture, Tibor Navracsics, présent à Bucarest pour la réunion informelle des ministres de la Culture, a évoqué l'éventualité de débloquer des fonds européens. « Nous sommes en train de cartographier nos possibilités. À l'avenir, nous pourrons probablement utiliser des fonds de l'UE pour aider les autorités françaises à reconstruire ce monument. » 

De son côté, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a invité les États membres à se mobiliser : « La France va reconstruire sa cathédrale. Depuis Strasbourg, capitale française de l'UE, je recommande à tous les États membres de l'UE de prendre part à cette tâche. Je sais que la France pourrait le faire seule, mais l'enjeu ici est plus qu'une simple aide matérielle. Cet événement montre que nous sommes simplement liés par quelque chose de plus important et de plus profond que les traités. »

Le sujet s'invite à Strasbourg et à Bucarest 

Sans surprise, de nombreux eurodéputés ont également évoqué cette catastrophe à l'ouverture de la plénière consacrée au Brexit (voir autre nouvelle). 

D'après l'Espagnol Esteban González Pons (PPE), « l'incendie nous a rendus plus européens, non pas parce que nous avons pleuré ensemble, mais parce qu'ensemble nous allons reconstruire la cathédrale ». Et de poursuivre : « Cet événement m'interroge : mais pourquoi les Britanniques veulent-ils partir ? L'UE est une communauté de valeurs et de principes. Si l'on a l'impression que ça ne fonctionne pas, les réformes vont arranger les choses. Mais il ne faut pas partir, pas quitter le navire, car tout peut être réformé. »

Le président du groupe S&D au Parlement européen, l'Allemand Udo Bullmann, a déclaré : « Nous sommes unis aujourd'hui, le regard vers Paris. C'est notre cathédrale, vous n'êtes pas seuls. » 

De nombreux autres députés, tous groupes politiques et toutes nationalités confondus, ont également pris la parole pour exprimer leur soutien à la France. Le coprésident du groupe ENL au Parlement, le Français Nicolas Bay, a suggéré 24h de trêve dans la campagne politique, « car nous sommes un peu en deuil ». 

Menée par l'ancienne secrétaire d'État aux Affaires européennes, Nathalie Loiseau, la liste Renaissance de la majorité présidentielle a suspendu sa campagne. 

À Bucarest, les ministres européens de la Culture ont fait mention de cette catastrophe lors de leur arrivée à la réunion informelle organisée par la Présidence roumaine du Conseil. La réaction de Myrsini Zorba, la ministre grecque de la Culture, fut certainement la plus marquante. « Cela peut arriver à tout moment, nous vivons tous dans la peur », a-t-elle considéré. (Sophie Petitjean)

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