Comme attendu, le Conseil de l’UE a acté, jeudi 7 mars, sa décision de rejeter la liste des 23 pays tiers ayant des dispositifs de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme qui présentent des carences menaçant le système financier européen (EUROPE 12193/28).
Dans une déclaration publiée le même jour, la Commission a regretté le rejet de la liste et déploré que la décision ait été prise sans discussion au niveau ministériel. « Je suis déçue de cette décision, mais j'espère que je ne ressemble pas à quelqu'un qui a abandonné. Je ne le suis pas du tout, parce que nous devons tout faire pour lutter contre le blanchiment d’argent », a déclaré la commissaire européenne à la Justice, Věra Jourová, à son arrivée à la réunion des ministres européens de l’Intérieur.
En conférence de presse, la ministre roumaine de l’Intérieur, Carmen Dan, a assuré que les critiques du Conseil portent uniquement sur le manque de transparence du processus et non sur l'inclusion politiquement sensible de certains pays sur la liste, comme l'Arabie saoudite ou le Panama. Ce faisant, elle a assuré que les États membres entretiendront un « dialogue constructif » avec la Commission pour les prochaines étapes.
La Commission doit en effet maintenant revoir sa copie et présenter une nouvelle liste qui convienne aussi bien au Conseil qu’au Parlement européen. Le PE, qui soutient la liste actuelle (EUROPE 12208/11), débattra de ce sujet en session plénière la semaine prochaine. (Marion Fontana avec Camille-Cerise Gessant)