login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 12182
POLITIQUES SECTORIELLES / Migration

L'Institut Jacques Delors plaide pour une coopération renforcée sur l'asile pour remédier à l'échec de la révision du règlement de Dublin

L’Institut Jacques Delors, présidé par l’ancien Premier ministre italien, Enrico Letta, a exhorté, lundi 28 janvier, les gouvernements européens et la future Commission à s’engager dans une coopération renforcée sur l’asile pour remédier à l’échec de la révision du règlement de Dublin. 

Cette proposition a été lancée à l’occasion de la publication d’un nouveau rapport intitulé « For a European policy on asylum, migration and mobility », rédigé par l’ancien fonctionnaire européen Jérôme Vignon, pour qui il s’agit de réussir à donner une « vraie réponse aux gens » sur la migration , a-t-il expliqué au Brussels Press Club

M. Letta a insisté sur le fait qu’il ne fallait pas laisser ce discours sur la migration aux seuls partis anti-européens, « qui ne veulent pas de solution » sur l’asile pour exploiter ce vide et « les peurs des gens », faisant allusion à son compatriote et ministre de l’Intérieur, Matteo Salvini. 

En quoi consisterait cette coopération renforcée ? Elle rassemblerait les pays « solidaristes » volontaires pour prendre en charge les demandeurs d’asile arrivés en Europe. Cela, sur la base d’une clef de répartition, comme l’avait proposé la Commission en mai 2016, a expliqué l'auteur du rapport. L’Italie, avec les autres pays de première ligne, devra forcément être dans le dispositif, insiste Jérôme Vignon, car elle a tout à gagner de ce système qui relocaliserait automatiquement les demandeurs d’asile. Elle agirait en échange sur la gestion de la frontière extérieure. Tant pour M. Letta que pour M. Vignon, il est temps aussi de mettre de la clarté dans les instruments de migration légale, qui sont trop nombreux. Il faut ainsi les fusionner en un seul outil. Pour Jérôme Vignon, les traités de Dublin ne sont d'ailleurs plus adaptés à la situation actuelle. 

Ces solutions permettraient de donner enfin une réponse au défi migratoire qui n’a cessé de dominer le débat ces cinq dernières années et qui, selon M. Letta, a eu « une influence décisive sur le Brexit » ou les autres « tremblements politiques » dans l’UE, à l’image du nouveau pouvoir italien. 

La Commission semble, elle, renoncer à ce stade à faire passer sa réforme du règlement de Dublin enlisée depuis deux ans et dont la Présidence roumaine du Conseil de l'UE ne croit pas, elle non plus, à la réussite. Elle appelle, en attendant, les volontaires à plancher sur un cadre temporaire répondant de manière prévisible aux débarquements de migrants secourus. (Solenn Paulic)

Sommaire

POLITIQUES SECTORIELLES
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
COUR DE JUSTICE DE L'UE
INSTITUTIONNEL
ACTION EXTÉRIEURE
SÉCURITÉ - DÉFENSE
SOCIAL
BRÈVES