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Bulletin Quotidien Europe N° 12182
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INSTITUTIONNEL / Pe2019

« Il faut refonder l’Europe par rapport à ses origines », selon Nico Cué, co-Spitzenkandidat du Parti de la gauche européenne

Pour Nico Cué, le co-Spitzenkandidat du Parti de la gauche européenne (PGE) pour les élections européennes de mai, la seule solution pour sauver l’Union européenne de la « vague fascisante » actuelle est de faire table rase des années néolibérales et de retourner aux valeurs fondatrices du projet européen. 

« Quand j’avais 19 ans, l’Europe, c’était un avenir, une vision commune, une industrie commune, comme avec Airbus, avec la Communauté européenne du charbon et de l’acier. Il y avait vraiment une volonté de créer de la richesse ensemble et de la partager », s’est rappelé le sidérurgiste belge, durant un entretien avec EUROPE, lundi 28 janvier (EUROPE 12181). Avant de déplorer : « Aujourd’hui, on est dans une Europe de la concurrence, de la précarité et du rejet des autres, ça devient insupportable ! » « C’est pour ça que j’ai décidé de m’engager et d’accepter la proposition qui m’a été faite », a-t-il souligné. 

L'objectif de M. Cué n’est pas d’accéder à la présidence de la Commission européenne, estimant ses chances minimes au vu des rapports de force politiques actuels et de « l’émiettement » de la gauche en Europe, notamment en France. « Par contre, [je veux] porter le débat sur la réalité du quotidien du travailleur, sur une Europe qui devrait être pour nous différente », a expliqué le syndicaliste, qui se considère comme le témoin de la « précarisation du monde ». 

Selon lui, il faut effacer les années néolibérales qui ont érigé le principe de la concurrence comme l’alpha et l’oméga de la construction européenne. À la place, l’UE doit se doter de nouveau d’une vraie politique industrielle protectrice face à la concurrence internationale, M. Cué évoquant notamment l’industrie automobile qui devrait mettre en place un fonds commun d’aide à la reconversion. 

Mais, outre les questions sociales, l’un des grands défis auxquels est confrontée l’Union européenne est celui du changement climatique. Il a suggéré, là aussi, la création d’un fonds commun européen pour lutter contre un tel changement. 

Barrage à la « vague fascisante ». Par ailleurs, M. Cué appelle à la constitution d’un front des « démocrates » face à la « vague fascisante » qui s’abat sur l’Union européenne. Ce front pourrait, selon lui, rassembler les sociaux-démocrates, les écologistes et la « gauche de la gauche », mais sans les libéraux. Avant de nuancer : « Après, si on doit être confrontés à une vague fascisante massive, alors, évidemment, il faut beaucoup plus d’alliances. » 

Quant à la possibilité d’un ‘Lexit’, c'est-à-dire une sortie unilatérale et de gauche de l’UE, l’option est catégoriquement refusée par le syndicaliste. « Non, je suis un Européen. Je pense qu’il faut rester dans l’Europe, qu'il faut réformer l’Europe », a-t-il asséné. 

Pour l’heure, le déroulement de la campagne n’est pas clair et la répartition des tâches avec l’autre co-Spitzenkandidat, la Slovène Violeta Tomič, militante pour la cause LGBTQI, reste à déterminer. M. Cué a toutefois suggéré un partage des thèmes de campagne : à lui les thématiques sociales, à elle les thématiques sociétales. Selon lui, l’approche d’une double candidature n’est aucunement un handicap, car, en plus d’assurer une parité des sexes, elle permet de couvrir plus efficacement l’Europe en augmentant sensiblement les déplacements et les événements. 

Seule certitude : le syndicaliste a balayé d’un revers de la main la possibilité de mener une liste lors des élections européennes : « Il y a une tradition syndicale : le syndicat et la politique ne doivent pas se mélanger. Et je respecte cet engagement. » (Pascal Hansens)

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