Theresa May a annoncé, mardi 29 janvier aux parlementaires britanniques, qu’elle demanderait aux Vingt-sept de rouvrir l'accord sur un Brexit ordonné (EUROPE 12145) afin d’obtenir des changements « juridiquement contraignants ». « Un échange de lettres ne sera pas suffisant. Nous avons besoin d’un changement juridiquement contraignant à l’accord de retrait », a-t-elle affirmé aux députés qui devaient se prononcer dans la soirée sur des amendements à cet accord, après un premier rejet mi-janvier (EUROPE 12172).
Le Premier ministre britannique a demandé à son parlement de lui donner mandat en ce sens et a aussi confirmé qu’elle comptait demander à nouveau aux membres de la Chambre de se prononcer une nouvelle fois sur la négociation le 13 février. Mme May a aussi répondu, lors de cette session, aux amendements déposés notamment par la tory Yvette Cooper, qui visent à demander une extension de l’article 50, si aucun accord n’était trouvé avant le 26 février. La dirigeante britannique a jugé qu’une extension de l’article 50 sans but « ne mènerait nulle part ». Elle a aussi jugé qu’une extension de l’article 50 n’excluait pas « une sortie sans accord ».
Elle a en tout cas apporté son soutien à un amendement qui lui donnera la latitude de demander une renégociation à l’UE. Elle a en effet appelé les députés à soutenir l’amendement du député conservateur Graham Brady, qui prévoit de remplacer le filet de sécurité pour l’Irlande par des mécanismes alternatifs, condition du soutien des députés au projet d’accord, ou de lui poser une limite dans le temps.
Le président de la Chambre, John Bercow, a retenu 7 amendements sur 14, au départ, qui seront soumis au vote mardi soir, dont celui défendu par Jeremy Corbyn demandant une Union douanière permanente et un second référendum. Un amendement que les médias britanniques ne voyaient pas passer la rampe du vote, mardi après-midi.
Les Vingt-sept, de leur côté, n’ont eu de cesse de dire, depuis le 15 janvier, que ce filet de sécurité n’était pas ouvert à la renégociation, contrairement à la déclaration sur la future relation, qui peut, elle, être retouchée. Lundi 28 janvier, le bras droit de Michel Barnier, l’Allemande Sabine Weyand, a réaffirmé cette position lors d’un évènement public et jugé que le risque d’une sortie sans accord par accident et non par dessein était « très élevé ». (Solenn Paulic)