Lors de la présentation des priorités de la Présidence roumaine du Conseil de l’UE, le ministre des Affaires étrangères, Teodor Meleșcanu, a plaidé, mardi 22 janvier, pour remettre la mer Noire au cœur de l’agenda européen.
« Revêtant une importance stratégique pour la Roumanie, remettre la mer Noire à l'agenda de l’UE sera une priorité pour la Présidence », a-t-il expliqué devant les députés de la commission des affaires étrangères du PE.
Le chef de la diplomatie a précisé que son pays attachait « une attention renouvelée pour les projets de coopération sectorielle liés au développement des économies bleues autour de la mer Noire, à la recherche, l’innovation, la protection de l’environnement, ainsi qu’aux réseaux de la société civile ».
Ainsi, selon le ministre, en concertation avec la Commission européenne, la Présidence va se pencher davantage vers « un agenda sectoriel multidimensionnel, mais toujours constructif, qui peut redynamiser la synergie de la mer Noire et l’orienter vers la prochaine décennie de mise en œuvre d’une façon plus visible et plus durable ».
Dans sa présentation, le ministre a mis en avant d’autres régions d’importance : les pays du Partenariat oriental, l’Asie centrale ou encore les Balkans occidentaux.
Sur cette dernière question, M. Meleșcanu a espéré que les efforts nécessaires seront faits pour que l’Albanie et l’Ancienne République yougoslave de Macédoine puissent obtenir l’ouverture de leurs négociations d'adhésion à l'UE en juin 2019 (EUROPE 12049). « Je suis persuadé que l’UE doit joindre l’acte à la parole », a-t-il expliqué. Selon une source roumaine, la Présidence entend discuter avec les pays les plus réfractaires à cette ouverture, afin d’obtenir leur consentement.
Plus largement, l'action extérieure de l'UE est une priorité de la Présidence roumaine, qui a fait de l'UE en tant qu'acteur mondial plus fort, un de ses axes de travail. « Nous souhaitons arriver à une action extérieure efficace (…) La place mondiale de l’UE dépendra de manière fondamentale du rythme auquel la stratégie mondiale sera mise en œuvre et de l’application des outils », a souligné M. Meleșcanu. Il a précisé que, dans le cadre des négociations pour le prochain cadre financier pluriannuel, sur la composante externe et le financement futur des actions, l’accent serait mis sur l’efficacité.
Le chef de la diplomatie a rappelé qu’avec les deux autres pays de son trio de présidences, la Finlande et la Croatie, la Roumanie a mis en place un programme pour réaliser des progrès dans l’accomplissement de la stratégie globale, dont l’engagement vis-à-vis des pays de l’élargissement, le renforcement des liens politiques, économiques, sociaux et culturels avec les voisins de l’Est et du Sud, le renforcement du système multilatéral, des systèmes régionaux et des relations transatlantiques et, enfin, la continuité du travail dans le domaine de la sécurité et de la défense européennes. (Camille-Cerise Gessant)