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Bulletin Quotidien Europe N° 12178
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ACTION EXTÉRIEURE / Kosovo

Selon la Commission et le SEAE, l’attente pour la libéralisation des visas a envenimé les relations avec l’UE

David Cullen, chef d’unité pour le Kosovo à la DG NEAR (Politique de voisinage et négociations d'élargissement) de la Commission européenne, tout comme Anna-Maria Boura, présidente du groupe de travail sur la région des Balkans occidentaux (COWEB) du Service européen pour l’action extérieure ont estimé, mercredi 23 janvier, que les tergiversations des États membres pour accorder un régime sans visa aux Kosovars compliquaient les relations entre l’UE et le Kosovo. 

« La société kosovare ressent de la frustration en percevant un manque d’engagement européen, la non-libéralisation des visas est mal perçue. Cela joue contre notre crédibilité », a expliqué Mme Boura lors d'un débat en sous-commission 'Sécurité et Défense' du Parlement européen. Précisant partager la frustration de Pristina à ce sujet, elle a prévenu que cela ne devait pas se transformer en inaction sur les critères nécessaires pour cette libéralisation. 

« Il y a un impact sur la perception de l’UE et les relations avec l’UE. Que l’on soit d’accord ou pas avec les critiques, cela a un impact et des conséquences », a ajouté M. Cullen. 

Plusieurs États membres rechignent à accorder un régime sans visa au Kosovo, dernier pays des Balkans à ne pas en bénéficier. En raison des élections européennes, une telle libéralisation devrait encore attendre plusieurs mois (EUROPE 12152). 

Une situation « calme, mais fragile »

Plus généralement, les deux représentants européens, tout comme le commandant de la KFOR, le major général Lorenzo D’Addario, ont estimé que la situation dans le pays était « calme, mais fragile ». 

Les trois interlocuteurs sont aussi revenus sur la transformation par le Kosovo de ses forces de sécurité en une véritable armée (EUROPE 12160). La KFOR et la mission EULEX de l’UE coopèrent également sur le terrain. Pour M. D’Addario, si le vote sur la transformation des forces kosovares en armée a accru « un peu la tension », concrètement, « rien n’a changé en termes de capacité », car la transformation est prévue sur 10 ans. 

De son côté, Mme Boura a précisé que l’UE allait continuer, via EULEX, à contribuer à la sécurité et la stabilité du pays. « Mais, à long terme, le seul moyen réel d’assurer de bons progrès dans un Kosovo stable et pacifique est un dialogue exhaustif et une voie européenne crédible », a-t-elle estimé. (Camille-Cerise Gessant)

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