Plusieurs ministres des pays des Balkans occidentaux ont demandé, mardi 4 décembre, à l’Union européenne et en particulier au Conseil, d'assumer leur part du marché, lors d’un débat organisé par Friends of Europe.
« L’UE est un partenaire crédible, mais elle doit être là dans la région, et ne pas utiliser deux poids, deux mesures [...] Si on fait les réformes, on doit obtenir des résultats », a ainsi expliqué la ministre kosovare de l’Intégration européenne, Dhurata Hoxha. Elle a rappelé que son pays avait rempli toutes les conditions nécessaires pour obtenir la libéralisation des visas – progrès reconnus par la Commission européenne et le Parlement –, mais que le Conseil n’avait toujours pas donné son accord (voir autre nouvelle).
Même son de cloche pour la ministre macédonienne de la Défense, Radmila Šekerinska. Selon elle, l’UE doit être franche et reconnaître que, pour les adhésions précédentes, la transformation des pays a surtout eu lieu pendant le processus d’adhésion. « Maintenant, c’est le moment pour l’UE et l’OTAN de respecter leur part du marché », a expliqué Mme Šekerinska, précisant que l'ancienne République yougoslave de Macédoine (ARYM) ne demandait pas d’être membre, mais de commencer le processus d’adhésion. Elle a ainsi espéré qu’en juin prochain, le Conseil donne son accord en ce sens, « un signal pour avancer ». « Nous devrions travailler sur les relations et non pas utiliser l’excuse du 'c’est compliqué' », a-t-elle ajouté.
« L’UE devrait continuer à être la lumière au bout du tunnel et pas une lumière qui bouge », a insisté Mme Hoxha.
Mais pour le directeur général de la Commission européenne pour le Voisinage et les Négociations d’adhésion, Christian Danielsson, « il n’y a pas de cible mouvante ». Selon lui, l’UE n’a jamais été aussi engagée dans le processus d’adhésion des Balkans. « Notre défi est de garder l’élan » créé ces derniers mois, a-t-il expliqué, rappelant l’engagement des Présidences du Conseil successives sur cette question – Bulgarie, Autriche, et des futures Présidences de la Roumanie, la Finlande et la Croatie. « Il y a un moment favorable à saisir, on doit voir si les Balkans occidentaux veulent le prendre », a-t-il ajouté, soulignant les progrès encourageants dans la région. (Camille-Cerise Gessant)