L’UE importe chaque année environ 17 millions de tonnes de protéines brutes, mais la production européenne de protéines végétales augmente, selon un rapport de la Commission européenne publié jeudi 22 novembre (EUROPE 12003).
La Commission a adopté le rapport sur le développement des protéines végétales, qui dresse un état de l'offre et de la demande (graines de colza et de tournesol, lentilles) dans l'UE et examine les manières d'accroître leur production d'une manière rationnelle sur le plan économique et dans le respect de l'environnement.
Phil Hogan, le commissaire à l'Agriculture, admet qu’en raison de facteurs divers liés au marché et au climat, la production européenne de protéagineux ne suffit pas à satisfaire une demande croissante.
Dépendance à l’égard du soja importé. La demande de protéines végétales en Europe est élevée : 27 millions de tonnes (t) de protéines brutes en 2016/2017. Or, le taux d'autosuffisance de l'UE varie considérablement selon l'origine de ces protéines (79 % pour les graines de colza et 5 % pour le soja). L'UE importe donc chaque année environ 17 millions de tonnes de protéines brutes, dont 13 millions à base de soja, principalement du Brésil, de l’Argentine et des États-Unis.
Malgré cela, la surface consacrée au soja dans l'UE a doublé depuis la réforme de la PAC de 2013, atteignant près d'un million d'hectares. La production de légumineuses (pois fourragers, fèveroles, lentilles, pois chiches) a quasiment triplé dans l'UE depuis 2013.
Bien que l'alimentation animale demeure le principal débouché (93 %) de ces produits, le marché des protéines végétales a connu une importante segmentation, avec une demande croissante dans les secteurs des aliments pour animaux de qualité supérieure et des denrées alimentaires. Le marché des protéines végétales alimentaires connaît une croissance à deux chiffres.
À défaut d’une réelle stratégie, le rapport présente des pistes pour le développement des protéagineux au sein de l'UE : - soutien aux producteurs de protéines végétales par leur inclusion dans les futurs 'plans stratégiques nationaux' de la PAC ; - accroissement de la compétitivité grâce à la recherche et à l'innovation ; - amélioration de l'analyse et de la transparence des marchés ; - actions de sensibilisation aux bienfaits des protéines végétales sur le plan de la nutrition et de l'environnement. (Lionel Changeur)