230 parlementaires du monde entier, dont 89 députés européens de 21 États membres, ont appelé, le 7 novembre, le Pakistan, à laisser Asia Bibi quitter le territoire, étant menacée de mort dans son pays après son acquittement.
Le Canada serait en discussion avec le Pakistan pour accueillir cette chrétienne, initialement condamnée à mort pour blasphème.
« Nous exhortons instamment le gouvernement pakistanais à garantir le passage en toute sécurité d'Asia Bibi, de sa famille et de toute personne menacée en raison de sa participation à la décision de l'acquitter, vers tout pays qui les accepte », soulignent-ils dans une lettre à destination de Imran Khan, Premier ministre du Pakistan, publiée par l’organisation ADF International.
Les parlementaires soulignent qu'ils souhaiteraient collaborer « de plus en plus étroitement » avec le gouvernement pakistanais, espérant que Mme Bibi pourra se déplacer « en toute sécurité, parallèlement à l'approfondissement des relations » entre leurs États et le Pakistan.
Selon eux, « la suite de cette triste histoire montrera au monde si le Pakistan est une nation qui respecte l'État de droit ou si les intérêts politiques l'emporteront ».
Les parlementaires mettent aussi en garde le Pakistan contre l'impact économique potentiel de l’affaire Bibi. « La prospérité économique et sociale d'un pays est étroitement liée à l'intégrité de l'État de droit. Les investisseurs et les entreprises ont besoin de confiance dans la justice pour le bien des contrats, des employés et de la réputation », expliquent-ils, ajoutant que d’autres pays « seront moins susceptibles d'investir au Pakistan si l'État de droit est compromis ».
Par ailleurs, le débat sur 'Le cas d'Asia Bibi et la situation des minorités religieuses au Pakistan', prévu en session plénière du Parlement européen à Strasbourg le 14 novembre, a été reporté à une période de session ultérieure. L’objectif du report sera d’éviter que le débat n'ait des conséquences négatives sur Asia Bibi et sa famille. (Camille-Cerise Gessant)