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Bulletin Quotidien Europe N° 12136
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ACTION EXTÉRIEURE / États-unis

Les États-Unis pourraient prendre des mesures contre Nord Stream 2

L’ambassadeur des États-Unis auprès de l’UE, Gordon Sondland, a laissé sous-entendre, mardi 13 novembre, que son pays pourrait prendre des mesures contre le gazoduc Nord Stream 2.

Soulignant que la sécurité énergétique était une des « pierres angulaires » de la coopération transatlantique, l’ambassadeur a appelé l’UE à ne pas sous-estimer la menace russe. 

« Nous n'avons pas encore déployé l'ensemble complet d'outils qui pourraient miner considérablement, sinon arrêter le projet », a-t-il expliqué lors d’une conférence au European Policy Center, à Bruxelles. 

Si l'ambassadeur a espéré que « l’opposition au projet travaille naturellement » - « car l’UE et ses États membres conviennent que la dépendance à l’énergie russe n’est pas une bonne décision géopolitique à long terme » - il a prévenu qu'en cas contraire, les États-Unis prendraient des mesures. « Si cette philosophie n'est pas adoptée et que Nord Stream continue, le président a beaucoup, beaucoup d'autres outils à sa disposition [...] pour essayer de freiner et d'arrêter le projet », a-t-il insisté. 

M. Sondland a rappelé que l’opposition américaine à Nord Stream 2 était fondée sur des préoccupations géopolitiques et non dans le but de vendre du GNL américain. La déclaration commune des présidents Trump et Juncker du 25 juillet met cependant en avant la volonté de l’UE d’« importer davantage de gaz naturel liquéfié (GNL) des États-Unis pour diversifier son approvisionnement énergétique ». 

Rendre plus justes les relations commerciales

Revenant sur l’importance du commerce transatlantique, M. Sondland a tenu à préciser que l’objectif du président Trump était de recalibrer ces relations commerciales « pour les rendre plus libres et plus justes », en s’attaquant à toutes les mesures protectionnistes érigées par les Européens. Ainsi, d’après lui, nombre des normes réglementaires n’ont pas été prises pour protéger le consommateur européen, mais bien pour écarter les produits américains du marché intérieur. 

« Nous devons maintenant prendre des mesures pour y parvenir, et pas seulement avec les responsables non élus », a-t-il ajouté à l’égard de la Commission. Plus les dirigeants de l’UE joueront le « jeu des reports » ('delay game'), plus Washington devra faire pression, a déclaré l’ambassadeur américain. « Ce président vérifie sa montre, pas son calendrier », a-t-il ajouté. 

L’ambassadeur américain a également rappelé que l’agriculture avait « toujours été incluse dans ces discussions » (EUROPE 12122), prolongeant le jeu de ping-pong avec la commissaire au Commerce, Cecilia Malmström, qui déclarait, à peine quelques jours auparavant, que ce n’était pas le cas (EUROPE 12134). 

Et de préciser « soyons honnêtes : si la situation s’inversait et si nous avions un excédent commercial important, l’UE se concentrerait sur le rééquilibrage ». 

Laisser ouverts les marchés de la défense

Quant aux achats européens en matière de défense, M. Sondland a appelé à ne pas ériger, ici encore, de barrières aux échanges. Les ventes « ne doivent pas être artificiellement déterminées par des barrières commerciales », a-t-il plaidé. « Concernant les dépenses militaires, le marché doit être largement ouvert. Les meilleurs produits ou services doivent remporter [le marché]. Cela pourrait signifier que des entreprises américaines pourraient vendre aux établissements de défense européens », a-t-il souligné. 

Si les Américains soutiennent le renforcement de la défense européenne, cela ne doit pas se faire au détriment de l’OTAN ou des États-Unis, qui craignent de se retrouver exclus. 

L’ambassadeur a précisé que les États-Unis, qui paient pour la sécurité de l’Europe notamment par le biais de l’OTAN, devaient avoir leur mot à dire sur les dépenses européennes. « Ce que les contribuables américains demandent en retour [de ce financement] est que l’UE soit raisonnable dans ses propres dépenses militaires et autorise les États-Unis à s’asseoir autour de la table » concernant les prises de décision, « afin que l’OTAN ne soit pas amoindrie », a-t-il justifié.

Ainsi, revenant sur la mobilité militaire, M. Sondland a prévenu qu’alors que l’UE délibérait actuellement sur les investissements – sujet qui devrait être à l’ordre du jour du Conseil ‘Défense’ de mardi prochain – les États-Unis allaient travailler étroitement avec les Européens « pour s’assurer que les efforts [soient] cohérents avec les priorités de l’OTAN en matière de sécurité ». (Hermine Donceel et Camille-Cerise Gessant)

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