Elle sera la candidate de « la liberté retrouvée des Nations » ou encore la bâtisseuse « d’une alliance européenne des Nations ». C’est en ces termes que la présidente du Rassemblement national français, Marine Le Pen, a exposé ses ambitions pour les élections européennes de mai 2019 au micro de France Inter, mardi 13 novembre.
Ce n’est pas vraiment la rhétorique à laquelle la candidate d’extrême droite nous avait habitués lors des élections présidentielles françaises de 2017, elle qui prônait la sortie de la France de l’Union européenne et de la zone euro.
Et Marine Le Pen l’admet elle-même volontiers. « La situation a changé (…) Hier, nous n’avions pas d’autres choix. Nous n’avions pas des alliés aussi puissants au sein de l’Europe pour pouvoir faire changer l’Union européenne. Donc, c’était : soit on se soumettait à l’Union européenne (…) soit on en sortait », a-t-elle expliqué.
Une référence claire à la montée des partis extrêmes en Europe et, bien entendu, à son principal allié, le ministre italien de l’Intérieur, Matteo Salvini (EUROPE 12112). « Ce changement de poids politique nous permet aujourd’hui d’envisager effectivement de transformer l’Union européenne en une ‘alliance européenne des Nations’ », a-t-elle poursuivi.
Concrètement, elle propose une forme d’organisation minimale où « vous n’êtes pas obligés de vous voir imposer des décisions qui vont à l’encontre de vos intérêts ».
Selon sa vision, la Commission deviendrait alors « un simple secrétariat du Conseil ». En revanche, le Parlement européen, lui, pourrait être maintenu et même se voir attribuer la compétence d’initiative législative, puisque la Commission n’existerait plus.
Quant aux règles communes, Mme Le Pen n’y est pas fondamentalement opposée. « Il y a toute une série de domaines dans lesquels les Nations peuvent – et, à mon avis, doivent – coopérer », a-t-elle estimé, mais à condition que chacun soit libre d’y participer et surtout d’en sortir. (Marion Fontana)