Si la Facilité en faveur des réfugiés en Turquie a permis « une réaction rapide dans un contexte difficile », l’utilisation des ressources n’a pas toujours été optimale, selon un rapport de la Cour des comptes européenne publié le mardi 13 novembre 2018.
Ce rapport évalue l’utilisation de la première tranche du budget de cet instrument destiné à soutenir les réfugiés et leur communauté d’accueil turque. Cette première tranche correspond à une somme de 3 milliards d'euros déboursés sur la période 2016-2017.
Selon la Commission, cet instrument, mis sur pied pendant une période d’afflux important, avait été très efficace (EUROPE 11981), permettant à 500 000 enfants d'obtenir un accès à l'éducation et à 1,2 million de réfugiés de bénéficier de transferts mensuels en espèces.
La Turquie avait néanmoins fait savoir à plusieurs reprises que la somme promise n’avait pas entièrement été mise à disposition et que les aides étaient débloquées trop lentement.
Selon la Cour des comptes, les désaccords entre la Commission et la Turquie ont créé des dysfonctionnements dans la manière de répondre aux besoins des réfugiés, pourtant bien identifiés au préalable par la Commission. La Cour déplore notamment le refus turc d’accorder à la Commission l’accès aux données sur les bénéficiaires pour les deux projets d’aide en espèce.
Si tous les projets humanitaires audités ont permis d’apporter une aide utile aux réfugiés, la moitié de ces projets n’ont pas encore permis d’obtenir les réalisations prévues et la durée de neuf projets sur dix a dû être prolongée, toujours selon les auditeurs.
Le rapport pointe aussi la complexité et le trop grand nombre d’instruments utilisés par la Commission, le défaut de contrôle des coûts ou encore les incohérences de trésorerie.
La troisième tranche de la Facilité en faveur des réfugiés en Turquie est un des points de désaccord entre le Parlement européen (PE) et le Conseil pour le budget 2019. Le PE souhaite ainsi une plus grande participation des États membres et une contribution du budget européen limitée à 1 milliard d’euros (EUROPE 12124).
La Turquie accueille la plus grande population de réfugiés au monde, avec près de 4 millions de personnes, y compris quelque 3,5 millions de Syriens, dont environ 94 % vivent en dehors des camps de réfugiés. (Mathieu Solal)