Violence du Hamas, réaction disproportionnée d’Israël aux manifestations à Gaza, déménagement de l’ambassade des États-Unis à Jérusalem… Lors de leur débat en plénière, les députés européens ont dénoncé les derniers développements au Proche-Orient, estimant que l’UE devait s’investir plus dans le processus de paix.
Ainsi, pour Hilde Vautmans (ADLE, belge), « les États-Unis ne jouent plus un rôle déterminant ». « L’UE doit prendre plus clairement position (…), il faut renforcer nos efforts diplomatiques. L’UE se doit d’avancer », a-t-elle expliqué, quand le député PPE espagnol José Ignacio Salafranca a estimé qu’il était important que la communauté internationale et l’UE « puissent faire preuve de courage et d’audace pour parvenir à une paix durable en Palestine ».
Plusieurs députés ont demandé à l’UE de revoir ses relations avec Israël. Elena Valenciano (S&D, espagnole) a estimé que, Israël est un « pays ami », mais le gouvernement de Benyamin Nétanyahou « viole une partie de l’accord d’association ». « Nous voulons que l’UE évalue si Israël respecte la clause des droits de l’homme et le droit international prévus dans l’accord. Si ce n’est pas le cas, l’UE doit hausser le ton », a-t-elle recommandé.
Les Français Pascal Durand (Verts/ALE) et Patrick Le Hyaric (GUE/NGL) sont allés plus loin. Pour le premier, Israël n'utilise que répression et humiliation, ce n’est pas un ami de l’UE et celle-ci doit sanctionner « ceux qui méprisent le droit international et la dignité humaine » qu'elle défend. Pour le second, les décès à la frontière de Gaza, où les Palestiniens se sont fait « abattre comme des chiens » sont des « crimes et relèvent des tribunaux internationaux ». « On peut suspendre l’accord avec Israël tant que ce pays ne respecte pas le droit international, reconnaître l’État de Palestine, entreprendre un travail diplomatique pour avoir la protection internationale du peuple palestinien », a-t-il, entre autres, proposé.
De nombreux députés, tels que le Roumain Cristian Dan Preda, pour le PPE, ou le Britannique Geoffrey Van Orden, pour le groupe CRE, ont également condamné la violence du Hamas, jugeant que l’organisation terroriste était responsable des souffrances des Gazaouis. (Camille-Cerise Gessant)