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Bulletin Quotidien Europe N° 12029
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POLITIQUES SECTORIELLES / Justice

Protection des données, les géants de l’Internet dans la tourmente

Malgré l'entrée en application des nouvelles règles plus strictes sur la protection des données personnelles, l’affaire ‘Facebook/Cambridge Analytica’ est encore présente dans tous les esprits et le Parlement européen n'a pas eu son compte d'explications. 

« Nous avions les bonnes questions, mais le mauvais format, tandis que le Congrès avait le bon format, mais les mauvaises questions », a estimé le président du groupe ADLE, le Belge Guy Verhofstadt, en conférence de presse, mardi 29 mai. Des propos qui font écho aux critiques généralisées émises après l’audition de Mark Zuckerberg au PE la semaine dernière (EUROPE 12024). 

Loin d’avoir été rassurés par les réponses fournies par écrit par le patron du réseau social américain (EUROPE 12026), les présidents des groupes politiques entendent envoyer, jeudi, une nouvelle lettre à Mark Zuckerberg contenant une série de questions supplémentaires en vue de l’audition prochaine en commission des libertés civiles, qui devrait se tenir en présence d’experts juridiques de Facebook. Le PE ne compte donc pas s’arrêter là. 

Et depuis l’entrée en application, vendredi 25 mai, du règlement général sur la protection des données personnelles (GDPR), Facebook n’est pas le seul à se trouver dans la tourmente. 

L’association française de défense des utilisateurs, la Quadrature du Net, a en effet annoncé, lundi, avoir déposé cinq plaintes collectives contre GoogleAppleFacebookAmazon et LinkedIn devant la Commission nationale française de l'informatique et des libertés (CNIL). 

Les plaintes accusent les GAFAM de ne pas respecter les règles du GDPR en matière de consentement. Elles ciblent tout particulièrement les pratiques qui visent à recueillir le consentement par des cases précochées ou encore les clauses stipulant que le silence vaut acceptation. « Ces traitements se fondent sur un consentement non valide, car non explicite ou non libre », explique l’association. 

En six semaines, l’association a réuni plus de 12 000 noms autour de ces plaintes collectives. Ces prochaines cibles seront WhatsApp, Instagram, Android, Outlook et Skype, a-t-elle d'ores et déjà annoncé. 

Ces plaintes viennent s’ajouter à celles déposées par l’activiste autrichien Max Schrems, avec son organisation NOYB (None of your business) un peu partout en Europe contre Android, Instagram, WhatsApp et Facebook (EUROPE 12027), le jour même de l’entrée en application du règlement GDPR. (Marion Fontana avec Mathieu Bion)

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