Le directeur général de l’Agence spatiale européenne (ESA), Johann-Dietrich Wörner, a présenté sa vision de l’avenir de la politique spatiale européenne et, notamment, de la mise sur pied d'une « organisation » qui serait flanquée d'un « Grand Conseil » pour rationaliser son fonctionnement, durant le deuxième jour du Conseil ‘Compétitivité’, mardi 29 mai en matinée.
Devant les ministres chargés de la Politique spatiale, M. Wörner a envisagé une organisation pour garantir une plus grande cohérence des activités spatiales européennes. Cette organisation serait structurée autour de trois « sections » : une section intergouvernementale régie par le principe géographique du juste retour (d’application au sein de l’Agence spatiale européenne) et dédiée à la recherche et au développement industriel ; - une section dédiée aux programmes financés par l’Union européenne ; - une troisième section dont le rôle serait de ventiler les données (‘downstream services’) vers les citoyens, l’industrie et les autres politiques publiques.
Selon M. Wörner, ces trois sections doivent utiliser la même infrastructure afin de rationaliser les politiques de l’Europe dans le domaine spatial. À ce titre, M. Wörner envisage d’établir un « Grand Conseil » (‘Grand Council’) regroupant tous les acteurs publics pour mettre en œuvre les décisions dans les trois sections.
Pour le directeur général, qui souhaiterait l’avènement d’un « Espace uni de l’Europe » (‘United Space of Europe’), le secteur spatial européen est menacé en raison de sa fragmentation, sa complexité et aussi par le Brexit (EUROPE 12027), alors qu’il doit faire face à une concurrence de plus en plus virulente en provenance notamment d’outre-Atlantique.
Pour M. Wörner, un autre chantier devrait être la synchronisation des cycles budgétaires entre l’ESA et l’Union européenne.
Durant la matinée, la commissaire chargée de l’Industrie et du Marché intérieur, Elżbieta Bieńkowska, a présenté le prochain règlement dans le domaine spatial, qui devrait être présenté le 6 juin, et qui suivra 4 grands principes : - la continuité des programmes actuels (EGNOS, Galileo, Copernicus) ; - les nouvelles priorités (sécurité et GovSatCom) ; - l’exploitation des données (‘data uptake’) ; - l’amélioration de la gouvernance avec l’ESA. La Commission a présenté un budget pour la politique spatiale pour 2021-2027 en hausse de 4 milliards d'euros (EUROPE 12014).
Pour rappel, en octobre 2016, l’ESA et la Commission avaient signé une déclaration conjointe de coopération (EUROPE 11655). (Pascal Hansens)