Les députés européens ont adopté, mardi 29 mai, à une très large majorité (455 pour, 87 contre et 92 abstentions) le rapport d’initiative élaboré par la Britannique Molly Scott Cato (Verts/ALE) sur la finance durable (EUROPE 12008).
« Je me réjouis du soutien pratiquement universel dont a bénéficié ce rapport, ici au Parlement, mais également du côté de la Commission qui considère que c’est une priorité, de même d’ailleurs que les dirigeants du monde entier, notamment le président Macron, ce qui nous montre que cet agenda en matière de finance durable dépasse toute idéologie », s’est félicitée la députée et professeur en économie verte, en amont du vote.
Néanmoins, pour Molly Scott Cato, le rapport du PE s’écarte quelque peu des propositions présentées par la Commission la semaine dernière (EUROPE 12026), jugées « beaucoup plus statiques ».
La proposition du PE vise à limiter dans le temps la valeur d’un certain nombre d’actifs en fonction de leur potentiel de durabilité, mesuré à l’aide d’indicateurs existants, ce qui permettrait aux investisseurs de passer progressivement à une évolution et à une réorientation de leurs actifs pour aller dans le sens d’investissements plus durables, a résumé le rapporteur.
Les députés souhaitent également que les actifs nuisibles à l'environnement soient évalués en fonction de leur profil de risque à long terme. Ils ont en outre convenu que des normes unifiées devraient être établies pour les obligations vertes et que ces investissements devraient suivre une taxonomie européenne durable qui soit dynamique.
Le rapport met aussi l’accent sur le rôle des institutions, notamment la Banque centrale européenne et la Banque européenne d’investissement qui doivent « montrer l’exemple ».
Mais Molly Scott Cato a aussi souligné le rôle de ‘leadership’ des hommes politiques. « Certains, qui risquent d’être perdants sur la voie de la durabilité, voudront saper notre détermination », a-t-elle mis en garde, réitérant ses craintes quant à un lobbying massif, notamment de la part de l’industrie nucléaire (EUROPE 12022).
« Nous voulons faire passer au Conseil et à la Commission notre conviction selon laquelle les citoyens de l’UE se tournent vers eux et s’attendent à ce qu’ils jouent un rôle de pointe dans cet agenda », a-t-elle conclu. (Marion Fontana)