Le ministre des Affaires étrangères de l’Ancienne République yougoslave de Macédoine, Nikola Dimitrov, a annoncé, mardi 29 mai, un entretien téléphonique entre son Premier ministre, Zoran Zaev, et le Premier ministre grec, Alexis Tspiras, dans les prochains jours, voire les prochaines heures, dans l’objectif de se mettre d’accord sur la résolution de la question du nom ‘Macédoine’.
« Les deux Premiers ministres ont l’intention d’avoir une conversation téléphonique et ils ont des décisions politiques importantes à prendre », a-t-il expliqué lors d’une conférence à l’EPC. Dimanche soir, M. Dimitrov s’était longuement entretenu avec son homologue grec, Nikos Kotzias, à Bruxelles, et leurs équipes se sont vues mardi à Athènes pour « nettoyer le texte » de compromis ('clean up'). M. Dimitrov a précisé au Soir et à EUROPE que l'entretien téléphonique entre les Premiers ministres pourrait avoir lieu dans les prochains jours, voire même « mercredi ou jeudi ».
Le chef de la diplomatie macédonienne a précisé que l’on ne parlait pas d’un « nouveau nom » ou de « changer le nom », mais de « qualifier le nom ». De plus, selon lui, un groupe de travail discute aussi d’un agenda positif pour l'avenir, notamment sur l’économie ou la sécurité. Car « il ne s’agit pas seulement d’un processus pour résoudre un problème, mais pour devenir alliés ».
Un accord pourrait permettre à l’ARYM d’avancer dans sa voie européenne. Le ministre a rappelé que la Commission avait rendu sa première recommandation pour ouvrir les négociations d’adhésion en 2009, recommandation depuis renouvelée neuf fois, y compris par deux fois conditionnée. Selon lui, la question du nom a empêché à l’UE d'avoir un fort effet de levier, car même si l’ARYM remplissait tous les critères, elle ne pouvait pas avancer dans sa voie européenne en raison de cette question du nom.
« Pour avoir ce compromis comme un compromis gagnant/gagnant, l’élément du démarrage des négociations d’adhésion à la fin juin est un élément très important. Nous avons une opportunité historique d’avoir une percée ('breakthrough'), pas seulement pour les deux pays et la région, mais aussi pour la région. Je pense que l’on ne peut pas se permettre de ne pas voir cette opportunité », a-t-il ajouté. Le Conseil européen doit se prononcer sur l'ouverture des négociations avec l'ARYM, mais aussi l'Albanie, fin juin.
La veille, la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, et le commissaire européen aux Négociations d’élargissement étaient, eux aussi, allés dans ce sens.
« Si un leadership et un courage politiques forts (…) peuvent apporter un résultat diplomatique négocié, je pense que cela pourrait inspirer les autres et prouverait qu’il faut investir dans la diplomatie, les négociations, l'approche multilatérale (…). Et cela, je crois, devrait être reconnu par le Conseil européen en termes de négociations avec Skopje », a souligné Mme Mogherini, estimant aussi que « le pouvoir d’une bonne nouvelle concernant un accord » serait « si largement salué par la communauté internationale et par l'Europe » que cela devrait être pris en compte par « toutes les capitales ».
« Il y a eu consensus dans la salle quant au fait qu'une solution à la question du nom changerait la donne pour les prochaines étapes du processus d'adhésion de l'ARYM à l'UE », avait expliqué M. Hahn à l’issue d’un petit déjeuner qui avait réuni certains ministres des Affaires étrangères européens. (Camille-Cerise Gessant)