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Bulletin Quotidien Europe N° 11738
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POLITIQUES SECTORIELLES / NumÉrique

Quand la Commission européenne montre du doigt les mauvais élèves...

Les écarts ne cessent de se creuser entre les pays champions du numérique et les pays les moins performants. La Commission, d'habitude plutôt réticente à l'idée de « montrer du doigt » les mauvais élèves, a publié, vendredi 3 mars, un classement des performances des 28 États membres dans le domaine du numérique. En bas de l'échelle, on retrouve la Grèce, la Bulgarie et la Roumanie.

Face aux journalistes, le vice-président chargé du Marché unique numérique, Andrus Ansip, a précisé qu'il ne s'agissait pas d'une liste nécessairement exhaustive, mais qu'elle avait au moins le mérite d'interpeller. « Ces classements sont bons pour les hommes politiques, les journalistes, etc. pour comprendre où on en est exactement. Et quand les résultats sont si contrastés, il vous faut vous expliquer. Bien sûr, la première réaction est de nier, de dire qu'il s'agit d'une erreur et de continuer. Mais l'année d'après, les gens attendent des actions. », a-t-il indiqué, mettant en garde contre « une Europe à  plusieurs vitesses ».

Cet Indice relatif à l'économie et à la société numérique 2017 (DSI) est un outil qui présente les performances des 28 États membres dans des domaines très divers, allant de la connectivité à la numérisation des entreprises et des services publics en passant par les compétences numériques. Il montre que l'UE a amélioré son score dans le domaine du numérique de 3 points de pourcentage par rapport à l'an dernier. Il montre par exemple que les entreprises européennes adoptent de plus en plus les technologies numériques, comme les logiciels professionnels d'échange électronique d'informations (de 26 % des entreprises en 2013 à 36 % en 2015) ou de facturation électronique (de 10 % en 2013 à 18 % en 2016). Mais ces progrès restent relativement inégaux d'un État membre à l'autre : en Roumanie, par exemple, dernier pays du classement, ces deux indices se trouvent respectivement à 22% (pour l'échange électronique d'information) et 9% (pour la facturation électronique). 

La Commission européenne s'est toutefois réjouie que les champions européens - le Danemark, la Finlande et la Suède  - figurent également parmi les champions mondiaux, devant la Corée du Sud, le Japon et les États-Unis. Et que la Slovaquie et la Slovénie aient enregistré d'importants progrès par rapport à l'année précédente. 

L'association des opérateurs historiques a immédiatement réagi à ce classement par la voix de sa directrice générale, Lise Fuhr :  « La réglementation doit clairement encourager les investissements dans le réseau et assurer la liberté d'innover. C'est la recette pour regagner le leadership mondial ». Le vice-président avait adopté un point de vue similaire, en réponse à une question d'un journaliste sur l'impact de la robotisation sur les emplois. Il a en effet déclaré :  « Le progrès a toujours entraîné un bien-être, des avancées. (...) Au lieu (d’envisager) d'accroître la fiscalité, nous devons soutenir ces avancées ». Pour rappel, cette question avait été largement abordée dans le cadre du rapport parlementaire de Mady Delvaux (S&D, luxembourgeoise) (EUROPE 11727). (Sophie Petitjean)

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