Le Maroc compte notamment sur sa « diplomatie parlementaire » pour mieux défendre ses intérêts au sein de l’UE en lien avec le dossier du Sahara Occidental (EUROPE 11695).
L’opération vise en particulier le Parlement européen au sein duquel le Maroc compte des partisans très actifs. Une délégation conduite par le président de la Chambre marocaine des représentants, Habib el Malki, est en visite à Bruxelles depuis le début de la semaine pour une session de la commission parlementaire mixte euro-marocaine, présidée par Gilles Pargneaux (S&D, français). M. Malki a aussi été reçu le 1er mars par le président du Parlement européen, Antonio Tajani.
Parallèlement, des entretiens conjoints se poursuivent entre juristes à Rabat pour trouver une solution technique politiquement acceptable et qui éviterait notamment le blocage de l’accord de pêche dont le dossier est en examen devant la justice européenne.
Objectif général de ces entretiens : rechercher les « moyens de renforcer les canaux d’échange entre parlementaires ». M. Malki a marqué, de source marocaine, « la nécessité de réfléchir dans un contexte euro-méditerranéen très tourmenté », mettant l’accent sur « les défis notamment de la prospérité partagée, de la sécurité, de la stabilité et de la mobilité ».
L’agence de presse marocaine MAP affirme que M. Tajani a « rassuré la partie marocaine quant à la poursuite des relations privilégiées » entre les deux parties et qu’il « s’emploiera à protéger la qualité de ces relations, à les approfondir et à dégager de nouvelles perspectives ».
M. Malki, selon un compte rendu publié sur le site du parlement marocain, a salué la commission parlementaire euro-marocaine pour son appui aux thèses de son pays. Il a appelé à « faire connaître la cause de l'intégrité territoriale du Royaume et à faire face aux allégations tendancieuses et aux manœuvres des ennemis de l'unité territoriale du Royaume, appelant ses membres à rester vigilants et mobilisés pour la défense des intérêts du pays et des grandes causes nationales ».
L’UE a par ailleurs réagi au retrait inattendu des forces marocaines de la zone de Guerguarat, au croisement de lignes de séparation entre les forces adverses, et appelé à un cessez-le-feu durable. « L’UE soutient les efforts du Secrétaire général de l'ONU visant à parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable, qui assurera l'autodétermination du peuple du Sahara occidental », selon une porte-parole du Service européen d’action extérieure. (Fathi B’Chir)